Publié le 9 novembre 2025 à 04:54:00. L’épouse du président sud-coréen, Kim Kun-hee, est de nouveau au centre d’une controverse impliquant des cadeaux de luxe et des accusations de favoritisme, alors que l’opposition dénonce un système d’impunité et des liens troubles dans l’attribution de contrats publics.
- Kim Kun-hee a reconnu avoir reçu deux sacs Chanel de l’Église de l’Unification, mais continue de nier avoir reçu un collier Graff d’une valeur estimée à 62 millions de wons (environ 45 000 euros).
- Des parlementaires de l’opposition accusent Kim Kun-hee d’avoir utilisé ses relations personnelles pour obtenir des avantages, notamment dans l’attribution du contrat de construction de sa résidence officielle.
- L’ancien chef du département juridique du parti au pouvoir a exprimé son inquiétude quant aux implications potentielles de l’admission de la réception des sacs Chanel, craignant que cela n’entraîne une enquête plus large.
L’affaire a pris une nouvelle tournure après les déclarations de Jo Gye-won, membre du Parti démocratique de Corée, qui a dénoncé une stratégie délibérée pour minimiser les conséquences légales. Selon elle, l’aveu concernant les sacs Chanel n’est qu’une manœuvre pour éviter des peines plus lourdes, notamment si la valeur totale des cadeaux reçus dépasse 30 millions de wons (environ 22 000 euros).
« C’était une tactique sophistiquée pour éviter l’application des lois sur les peines aggravées pour des crimes spécifiques et recevoir moins de punition », a affirmé Jo Gye-won lors d’une émission de débat télévisée. Elle a souligné que la loi prévoit des peines minimales de sept ans de prison si le montant des pots-de-vin dépasse 50 millions de wons (environ 36 000 euros).
L’opposition met également en lumière les liens entre la sœur et le frère de Kim Kun-hee et l’entreprise 21 Gram, chargée de la construction de la résidence officielle. Selon Jo Gye-won, ces relations ont permis à 21 Gram d’obtenir le contrat sans difficulté. Elle a également suggéré que Kim Kun-hee, forte de la confiance qu’elle accorde au procureur Yoon Seok-yeol, se sentait à l’abri de toute sanction.
« Il semble qu’il ait appris au cours de sa vie qu’il peut faire confiance au procureur Yoon Seok-yeol et faire tout ce qu’il veut. »
Jo Gye-won, membre du Parti démocratique de Corée
Won Young-seop, ancien chef du département juridique du Parti du pouvoir du peuple, a souligné la sensibilité de la situation, rappelant que Kim Kun-hee, en tant qu’épouse du président, occupe une position particulière. Il a exprimé son espoir que la Première dame n’ait pas menti concernant le collier Graff, car une telle admission pourrait entraîner une enquête plus approfondie sur les liens entre Kim Kun-hee et les personnes impliquées dans la livraison du bijou.
« Dès que vous admettez que vous avez reçu le collier, cette question va inévitablement s’étendre davantage. Elle ne se limite pas à la question de savoir si Mme Kim Kun-hee est punie ou non. »
Won Young-seop, ancien chef du département juridique du Parti du pouvoir du peuple
L’affaire intervient alors que le procureur spécial mène une enquête sur d’éventuels traitements de faveur accordés à Kim Kun-hee lors du déménagement de la résidence présidentielle. Les perquisitions menées au domicile de Kim Kun-hee et dans d’autres lieux visent à déterminer si des irrégularités ont été commises.
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