Publié le 9 novembre 2025 à 12h12. La France maintient son opposition à l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, craignant des conséquences néfastes pour ses agriculteurs, malgré un signal d’ouverture récent d’Emmanuel Macron. Le ministre de l’Agriculture Annie Genevard réaffirme les exigences françaises pour une éventuelle signature.
- La France refuse de signer l’accord commercial avec le Mercosur tant que des garanties spécifiques pour ses agriculteurs ne sont pas intégrées.
- Le gouvernement français exige une clause de sauvegarde agricole, des mesures miroir en matière de normes sanitaires et environnementales, et un renforcement des contrôles.
- Plusieurs autres pays européens, dont la Pologne, l’Autriche, les Pays-Bas, l’Irlande et la Hongrie, partagent les préoccupations françaises.
Le ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a déclaré dimanche que la France ne céderait pas sur ce dossier.
« Nous voulons soutenir nos agriculteurs et c’est pour cela que la France ne signera pas un accord qui les condamnerait à long terme »
Annie Genevard, ministre de l’Agriculture
Elle a précisé que des « lignes rouges » étaient clairement établies pour protéger le secteur agricole français.
Ces déclarations interviennent quelques jours après qu’Emmanuel Macron s’est dit « plutôt positif » quant à la possibilité d’approuver l’accord avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay) lors d’un déplacement au Brésil. Le chef de l’État avait toutefois souligné la nécessité de rester « vigilant » et d’obtenir des « réponses claires » avant de donner son feu vert.
La ministre Genevard a insisté sur la nécessité d’une clause de sauvegarde permettant d’activer un « frein d’urgence » en cas de menace pour le secteur agricole, par exemple en raison d’une baisse massive des prix liée à un afflux de produits importés. Elle a également soulevé des questions cruciales concernant la mise en œuvre de ces garanties :
« Qui décide ? Qui vérifie ? Dans combien de temps ? Quels critères activent le mécanisme ? »
Annie Genevard, ministre de l’Agriculture
L’accord, signé fin 2024 et adopté par la Commission européenne le 3 septembre 2025, vise à faciliter les échanges commerciaux entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Il permettrait aux entreprises européennes d’exporter plus facilement leurs produits (voitures, machines, alcools) vers l’Amérique du Sud, en échange d’une ouverture du marché européen aux produits agricoles sud-américains (viande, sucre, riz, soja).
La France n’est pas seule dans ses réserves. Plusieurs autres États membres de l’UE, dont la Pologne, l’Autriche, les Pays-Bas, l’Irlande et la Hongrie, partagent les mêmes inquiétudes et exigent des garanties similaires pour protéger leurs agriculteurs. Tant que ces garanties ne seront pas formalisées, validées et acceptées par les partenaires du Mercosur, la France maintiendra sa position.
(Avec informations de l’EFE et de l’AFP)