Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Même les démocrates de l’establishment disent que Chuck Schumer doit partir

Une volte-face inattendue de huit sénateurs démocrates a mis en péril l'unité affichée par leur parti ces dernières semaines, alors qu'ils ont accepté un compromis avec les républicains pour mettre fin à la paralysie du gouvernement fédéral. Cette…

Même les démocrates de l’establishment disent que Chuck Schumer doit partir

Une volte-face inattendue de huit sénateurs démocrates a mis en péril l’unité affichée par leur parti ces dernières semaines, alors qu’ils ont accepté un compromis avec les républicains pour mettre fin à la paralysie du gouvernement fédéral. Cette décision, qui intervient après une période de fermeté sur les subventions à l’assurance maladie, suscite l’indignation au sein de la base démocrate et relance les interrogations sur le leadership de Chuck Schumer au Sénat.

Depuis quarante jours, les démocrates du Congrès avaient fait preuve d’une rare cohésion, sous l’impulsion du chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, et du chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer. Ils avaient clairement affirmé qu’aucun vote démocrate ne serait accordé à une mesure de financement provisoire sans le maintien des subventions prévues par la loi sur les soins abordables (Affordable Care Act). Cette position, rappelant la détermination du regretté sénateur Ted Kennedy à défendre l’accès aux soins de santé, avait été relayée par les élus dans les médias et sur les réseaux sociaux.

L’offensive avait porté ses fruits : les sondages indiquaient que l’opinion publique blâmait davantage Donald Trump et les républicains pour la fermeture des services publics que les démocrates. L’administration semblait d’ailleurs commencer à ressentir la pression. Mais dimanche soir, tout a basculé. Huit sénateurs démocrates ont brisé les rangs, acceptant un accord négocié avec les républicains qui permettrait la réouverture du gouvernement.

En échange de leurs voix, les démocrates n’ont obtenu aucune des concessions qu’ils réclamaient. Seules des promesses non contraignantes du chef de la majorité au Sénat, John Thune, d’organiser un vote sur les subventions à l’assurance maladie en décembre, et ce que le sénateur de Virginie, Tim Kaine, a qualifié de « moratoire sur les actions préjudiciables » de l’administration Trump ont été obtenues. L’accord a été adopté au Sénat lundi soir, avec l’opposition de l’ensemble des démocrates – à l’exception des huit négociateurs – et du sénateur Rand Paul. Il devrait être soumis au vote de la Chambre des représentants mercredi.

La réaction de la base démocrate a été immédiate et virulente. « Dimanche matin, je me sentais bien dans mon parti », a déclaré Julie Roginsky, stratège démocrate et commentatrice politique. « J’avais l’impression que nous avions enfin pris pied après avoir traversé l’enfer. » Elle souligne le succès des mobilisations et le sentiment croissant que les républicains étaient tenus responsables de la crise. « Et surtout, j’entendais les dirigeants démocrates convaincre leurs propres électeurs que les démocrates considéraient qu’il était impératif de garantir un accès à des soins de santé abordables, et que ce n’était pas négociable. »

Aujourd’hui, Roginsky se dit « complètement dégoûtée ». « Je ne comprends pas pourquoi ils auraient infligé aux gens la faim, des licenciements, des retards de vols et des chèques de paie manqués pendant les quarante derniers jours, pour finalement ne rien obtenir en retour. »

Le sénateur Tim Kaine a justifié sa décision en évoquant les difficultés rencontrées par ses électeurs, notamment les nombreux fonctionnaires fédéraux de Virginie. Aucun des huit sénateurs impliqués dans l’accord ne sera en lice pour un nouveau mandat en 2026, certains étant même à la retraite, comme le whip de la minorité, Dick Durbin.

Chuck Schumer, qui avait déjà fait marche arrière lors d’une précédente crise budgétaire en mars, a rapidement dénoncé l’accord et voté contre lundi soir. Cependant, certains observateurs estiment qu’il a secrètement approuvé la négociation, tout en se présentant comme un opposant pour ne pas perdre la face auprès de son électorat.

Cette affaire soulève des questions sur la capacité de Schumer à contrôler son groupe parlementaire. Soit il a perdu cette capacité, soit il a permis à l’accord de progresser en coulisses, tout en se montrant véhémentement opposé en public. Certains démocrates appellent déjà à son remplacement.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le chef de la minorité a souvent été critiqué pour son manque de fermeté. Certains estiment qu’il est temps d’avoir un leader capable de prendre des décisions difficiles et de se battre avec détermination pour les valeurs démocrates. Schumer est accusé de pratiquer une politique dépassée, qui ne tient pas compte de la polarisation actuelle et du manque de fiabilité des républicains.

L’ancien stratège républicain Rick Wilson a fustigé les démocrates, les qualifiant de « champions de tous les temps qui savent arracher la défaite des mâchoires de la victoire à la dernière seconde ». Il a particulièrement critiqué Schumer, estimant qu’il devrait démissionner s’il avait « une once d’honneur ou de honte ». Le représentant Seth Moulton a également appelé à un nouveau leadership au Sénat.

Pour Roginsky, cet accord est une trahison. « Ils ont laissé tomber les gens qui les soutenaient, les électeurs qui ont voté en masse mardi dernier parce qu’ils croyaient en un Parti démocrate qui se bat. Tous ces gens viennent de recevoir un coup de poing au visage. »

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.