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Le documentaire “Leo from Chicago” est sorti

by Clara Dubois

Publié le 11 novembre 2023 21h38:00. Des témoignages inédits lèvent le voile sur les racines américaines de Léon XIV, six mois après son élection, révélant un homme de dialogue et de proximité, façonné par son enfance à Chicago et son engagement missionnaire.

  • Des proches du pape Léon XIV, aux États-Unis, se souviennent de sa gentillesse, de sa réserve et de sa capacité à désamorcer les conflits dès son plus jeune âge.
  • Son parcours missionnaire au Pérou, où il était perçu comme un futur pape, témoigne de son dévouement aux plus démunis.
  • Un documentaire, “Léo de Chicago”, rassemble ces récits et images, offrant un portrait intime du successeur de Pierre.

Léon XIV, connu pour certains comme le frère Rob, pour d’autres comme le père Bob, ou encore comme Robert, l’ami et condisciple, est au cœur d’une enquête menée par des journalistes de Radio Vatican. Ils ont traversé l’Atlantique pour recueillir les souvenirs de ceux qui ont croisé son chemin avant son élection, le 8 mai dernier, et son accession au plus haut poste de l’Église catholique.

Au Pérou, où le père Bob a exercé son ministère, l’attente était palpable. Presque tous les habitants étaient convaincus qu’il serait un jour élu pape. Aux États-Unis, l’espoir était plus discret, mais la conviction grandissait que le prochain successeur de Pierre pourrait être un Américain. À Chicago, sa ville natale, Robert Prévost a laissé une impression durable sur ceux qui l’ont connu, par son attitude douce, bienveillante et un peu introvertie, qui le rendait parfois hésitant à engager la conversation.

Un épisode raconté par son frère aîné, Louis, illustre parfaitement sa personnalité. Alors qu’ils faisaient du vélo dans les bois près de leur maison à Dolton, ils ont été confrontés à un groupe d’adolescents agressifs, prêts à leur voler leurs vélos. Rob a alors pris l’initiative de leur parler. D’une manière ou d’une autre, il a réussi à les calmer et à désamorcer la situation. « Il s’est fait des amis avec eux », se souvient Louis, qui vit aujourd’hui en Floride et communique quotidiennement avec son frère, ainsi qu’avec John, surnommé Jay, par appel vidéo. « Nous parlons généralement pendant 15 à 20 minutes, pour savoir comment chacun va, ce que nous faisons et ce qu’il fait », explique-t-il.

Cet incident met en lumière la capacité du pape à privilégier le dialogue, la confrontation constructive et l’amitié – une amitié qui s’est manifestée avec ses frères, ses compagnons d’ordre, les couples mariés et même avec John Snyder, un pasteur luthérien de Minneapolis, avec qui il partageait sa passion pour le cinéma, notamment le film “The Blues Brothers”, tourné à Chicago, et discutait des fondements de la foi catholique.

Ces qualités sont profondément enracinées dans l’enseignement de saint Augustin, une source d’inspiration spirituelle pour Bob, comme on l’appelait affectueusement à Chicago, dès son plus jeune âge. Il a poursuivi cette voie avec assiduité lors de ses études à l’Université Villanova de Philadelphie et à la Société théologique catholique de Chicago.

« Il traitait les hommes et les femmes avec le même respect et la même considération. Il était évident que le jeune Robert était pleinement engagé dans sa vocation spirituelle, sans pour autant négliger de tisser des liens d’amitié solides », témoigne Mary Donara Reale, une amie de Prévost à Villanova. Avec elle et d’autres, le futur pape a participé au mouvement local « Pro Life » et s’est rendu à plusieurs reprises à Washington pour les « Marches pour la vie ».

Son engagement en faveur de la vie l’a également conduit au Pérou, où il a choisi de se rendre après un événement tragique qui a décimé la communauté augustinienne. Ce fut un moment décisif dans la vie de Prévost. « Il aurait pu enseigner dans un séminaire ou occuper un poste important dans un diocèse ou un archidiocèse », explique son ami de longue date, l’augustin Tom McCarthy. « Après tant d’études et un doctorat en droit canonique… et où est-il allé ? Auprès des pauvres… Auprès de ceux qui ont besoin d’entendre la parole de Jésus », ajoute-t-il.

Sœur Dianne Bergant, professeure à la Société théologique catholique de Chicago, qui a enseigné au futur pape la doctrine sociale de l’Église, se souvient : « Avant cela, j’entendais souvent parler d’un garçon très pieux qui aimait jouer au prêtre. Il est vrai que j’étais aussi une jeune fille pieuse et j’aimais aussi jouer au prêtre », admet-elle. Elle souligne qu’il n’est pas rare que des enfants ayant reçu une éducation catholique aspirent à un rôle important dans l’Église. Mais ce qui distinguait Robert Prévost, « c’était la manière dont il utilisait les dons que Dieu lui avait faits, les ressources de la nature, comment il prenait ses décisions. Il ne cherchait pas à s’élever, mais à se mettre au service des autres. Et c’est ce qui le rendait spécial », conclut sœur Dianne.

Ces histoires, ces témoignages, ces anecdotes, ces images des années de jeunesse de Léon XIV aux États-Unis sont rassemblés dans le documentaire “Léo de Chicago”, disponible sur les chaînes de Radio Vatican – Vatican News depuis le 10 novembre. Le film a été produit par le Dicastère pour la Communication du Saint-Siège.

Texte traduit et adapté pour la publication par Inès Steinert.

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