L’ancien président du Honduras, Juan Orlando Hernández, a comparu devant la justice hondurienne ce lundi 3 août 2026. Ce retour dans son pays natal intervient une semaine après son arrivée, alors qu’il doit répondre à des accusations de corruption, de fraude et de blanchiment d’argent dans le cadre d’une procédure judiciaire.
L’affaire Pandora I et les détournements de fonds
Le procureur anticorruption Luis Javier Santos a détaillé les griefs pesant sur l’ex-chef d’État, liés à l’affaire connue sous le nom de Pandora I. Selon l’Unité spécialisée contre les réseaux de corruption (UFERCO), un réseau de hauts responsables aurait participé, entre 2010 et 2013, à l’approbation de décaissements de fonds publics s’élevant à plus de 288 millions de lempiras (environ 10,8 millions de dollars) vers divers fonds destinés à des fondations.

Juan Orlando Hernández aurait personnellement bénéficié de ce système pour financer ses campagnes politiques. Les autorités estiment que près de 3 millions d’euros (soit au moins 62 millions de lempiras ou 2,3 millions de dollars) auraient été détournés via des mécanismes incluant des contrats fictifs, des entreprises écrans et l’usage de prête-noms.
Un parcours judiciaire marqué par la grâce présidentielle
Cependant, en décembre 2025, le président américain Donald Trump lui a accordé sa grâce, ordonnant sa libération au motif que Hernández n’aurait pas bénéficié d’un procès équitable et que l’affaire aurait été orchestrée par l’administration Biden. Si cette grâce a annulé sa condamnation fédérale, elle n’a eu aucun effet sur les poursuites domestiques au Honduras.
Enjeux juridiques et tensions politiques
Sur le plan judiciaire, Juan Orlando Hernández risque un placement en détention provisoire. De son côté, son avocate Angie Sánchez a indiqué que son client souhaite faire face à la justice tout en demandant que l’État lui rende des comptes. L’ancien président cherche notamment à récupérer des biens saisis lors de son arrestation en 2022, comprenant :
- 32 maisons
- 20 sociétés
- 80 comptes bancaires
Un climat institutionnel contesté
Le retour de l’ex-président s’inscrit dans un contexte de tensions institutionnelles.
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