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Ivo van Hove’s All My Sons extends the UK’s special relationship with Arthur Miller | Theatre

La fascination britannique pour l'œuvre d'Arthur Miller ne faiblit pas. Cette semaine, les avant-premières de All My Sons, premier grand succès de Miller à Broadway, commencent sous la direction d'Ivo van Hove, une pièce qui a déjà connu…

Ivo van Hove’s All My Sons extends the UK’s special relationship with Arthur Miller | Theatre

La fascination britannique pour l’œuvre d’Arthur Miller ne faiblit pas. Cette semaine, les avant-premières de All My Sons, premier grand succès de Miller à Broadway, commencent sous la direction d’Ivo van Hove, une pièce qui a déjà connu une demi-douzaine de reprises majeures au cours des cinq dernières décennies.

Certains estiment même que Miller est plus célébré au Royaume-Uni qu’aux États-Unis. À sa mort, le Times Literary Supplement notait : « Il a été pleuré en Angleterre comme un contemporain vénéré, en Amérique comme une figure d’un âge révolu. » Cette divergence s’explique peut-être par le fait que Miller a analysé l’âme américaine tout en étant profondément ancré dans la tradition européenne, comme le suggère All My Sons.

L’intrigue de la pièce, centrée sur Joe Keller, un fabricant de moteurs d’avion pendant la guerre, est délicate à résumer sans dévoiler ses secrets. On sait toutefois qu’il est accusé, sans preuve formelle, d’avoir expédié des culasses de cylindre défectueuses à l’armée de l’air, sachant qu’elles pouvaient mettre des vies en danger. Une situation qui évoque immédiatement l’œuvre d’Henrik Ibsen.

Dans Les Piliers de la Société, une pièce rarement jouée aujourd’hui, un riche armateur laisse son beau-frère détesté prendre la mer à bord d’un navire pourri, pour ensuite découvrir que son propre fils se trouve également à bord. Dans son ouvrage de référence sur le théâtre de Miller, Christopher Bigsby établit également un parallèle avec Le Canard sauvage, voyant en Chris, le fils de Joe, un idéaliste imparfait comparable à Gregers Werle d’Ibsen. Mais Bigsby souligne avec justesse que Miller, à l’instar d’Ibsen, mêle le tragique et le comique, et montre un présent constamment hanté par le passé.

Ce passé qui hante le présent… Bill Pullman, Colin Morgan, Sally Field et Jenna Coleman dans la production de 2019 d’All My Sons à l’Old Vic.

Bien que fortement influencé par Ibsen, Miller reste un auteur profondément américain. Lors d’une entrevue publique à propos de son autobiographie, Timebends, j’ai osé lui demander s’il avait envisagé de s’installer en Europe, compte tenu des persécutions politiques et de l’hostilité critique qu’il avait subies aux États-Unis. Je me souviens de son étonnement face à cette idée et de son insistance sur son attachement à son pays natal.

Harold Clurman, dans sa critique de la production originale d’All My Sons en 1947, a offert une analyse pertinente en distinguant le contenu d’une pièce de son sens, et en voyant en Miller « un talent moral doté d’une persévérance passionnée qui rappelle celle du prédicateur de la Nouvelle-Angleterre qui a façonné notre première rhétorique américaine ».

Comment mettre en scène All My Sons, pièce à la fois ibsénienne et américaine ? En examinant trois productions passées, on est frappé par leur réalisme social et la qualité des interprétations. La mise en scène de Michael Blakemore en 1981, également au Wyndham’s, mettait l’accent sur l’humour familial et chaleureux de la pièce, avec Colin Blakely incarnant Joe avec une musculature robuste et Rosemary Harris donnant à Kate l’allure d’une martyre épanouie.

Howard Davies, qui avait initialement dirigé la pièce au National en 2000, a proposé une version encore plus aboutie au West End en 2010, avec David Suchet, comme Blakely, soulignant la bonhomie de Joe et Zoë Wanamaker suggérant subtilement que Kate était aussi enveloppée de faux-semblants que son mari.

Plus récemment, en 2019, Jeremy Herrin l’a mise en scène à l’Old Vic avec deux acteurs américains dans les rôles principaux : Bill Pullman, incarnant un Joe qui se justifie avec acharnement, et Sally Field, se protégeant dans son cardigan comme un bouclier, offrant une interprétation remarquable de Kate.

Que peut-on attendre de Van Hove ? Compte tenu de sa reprise célébrée de A View from the Bridge au Young Vic en 2014, où il avait abandonné le réalisme de Red Hook pour une mise en scène minimaliste dans un espace noir, il est peu probable que nous verrons une cour d’Ohio qui ressemble à une illustration de Norman Rockwell. Avec Bryan Cranston dans le rôle de Joe, et Marianne Jean-Baptiste et Paapa Essiedu dans ceux de Kate et Chris, on peut également s’attendre à une nouvelle interprétation de la famille Keller. Mais quelle qu’elle soit, j’espère que la production reconnaîtra que Miller est un moraliste profondément américain, avec un penchant pour le passé européen, d’Eschyle à Ibsen.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.