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Tarik Saleh réussit bien à gérer l’héritage de John le Carré

Publié le 2025-11-12 00:30:00. Le réalisateur suédois Tarik Saleh livre avec Les Aigles de la République un thriller politique captivant, troisième volet de sa trilogie égyptienne, qui explore les rouages du pouvoir militaire et politique au Caire. Le…

Tarik Saleh réussit bien à gérer l’héritage de John le Carré

Publié le 2025-11-12 00:30:00. Le réalisateur suédois Tarik Saleh livre avec Les Aigles de la République un thriller politique captivant, troisième volet de sa trilogie égyptienne, qui explore les rouages du pouvoir militaire et politique au Caire. Le film, porté par une performance remarquable de Fares Fares, offre une critique acerbe du régime autoritaire égyptien.

  • Les Aigles de la République s’attaque à l’élite militaire et politique égyptienne, suite à L’Incident du Nil Hilton (2017) et Boy from Heaven (2022).
  • Fares Fares incarne un acteur égyptien contraint d’accepter un rôle compromettant dans un film glorifiant le président Abd al-Fattah al-Sissi.
  • Le film est salué pour son attention aux détails, son intrigue complexe et sa ressemblance avec l’œuvre de John le Carré.

Tarik Saleh confirme son talent pour les thrillers politiques avec Les Aigles de la République, un film qui plonge au cœur des mécanismes de pouvoir en Égypte. Après avoir exploré la corruption policière dans L’Incident du Nil Hilton et les luttes intestines au sein de l’université Al-Azhar dans Boy from Heaven, le réalisateur suédois s’attaque cette fois à l’armée et à la classe politique égyptiennes.

L’intrigue se concentre sur George Fahmy, un acteur égyptien de renom, interprété par Fares Fares. Il se retrouve pris au piège lorsqu’il est forcé d’accepter le rôle principal dans un film destiné à magnifier la figure du président Abd al-Fattah al-Sissi. Selon Tarik Saleh, dans une interview accordée à Dagens Arena, la situation de Fahmy rappelle le mythe de Faust, qui vend son âme au diable. « Il se sent obligé d’accepter les exigences des dirigeants politiques afin de conserver ses privilèges, ce qui le mène de plus en plus loin dans un gouffre de mensonges et de corruption du pouvoir », explique le réalisateur.

Fares Fares, déjà remarqué dans les précédents films de Saleh, livre une performance saisissante. Le critique Jon Andersson souligne sa capacité à se métamorphoser pour ses rôles, rappelant son interprétation du policier corrompu Noredin dans L’Incident du Nil Hilton ou de l’agent des services de sécurité Ibrahim dans Boy from Heaven. « On croit vraiment qu’il est Fahmy de la même manière qu’on le soupçonnait d’être Noredin ou Ibrahim », écrit Andersson.

Le film impressionne également par son souci du détail, que ce soit dans la mise en scène ou dans le décor, notamment lors du défilé militaire auquel assiste Fahmy. Saleh parvient à créer une atmosphère authentique et à développer une intrigue riche en rebondissements, dans la lignée des thrillers d’espionnage de John le Carré.

Si le scénario, parfois trop événementiel, peut nuire à l’approfondissement des personnages, le réalisateur réussit néanmoins à tisser une toile complexe de duplicité et de trahison. Au-delà de son suspense, Les Aigles de la République constitue une critique virulente du régime autoritaire égyptien.

Pour Jon Andersson, Tarik Saleh confirme avec ce film qu’il est l’un des meilleurs réalisateurs de thrillers politiques au monde. Il considère Les Aigles de la République comme le meilleur opus de la trilogie du Caire, surpassant même L’Incident du Nil Hilton, qu’il avait particulièrement apprécié.

Jon Anderson

Lyna Khoudri et Fares Fares I « Aigles de la République » Photo : Yigit Eken/SF Studios

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.