Publié le 12 novembre 2025 à 08h40. L’envoi du porte-avions américain USS Gerald R. Ford dans la zone du Commandement Sud des États-Unis coïncide avec une escalade des tensions avec le Venezuela, qui réagit par une mobilisation militaire massive. Cette situation intervient également après que Londres et Bogotá ont suspendu leur partage de renseignements avec Washington concernant les opérations contre les trafiquants de drogue.
- Le plus grand porte-avions du monde, l’USS Gerald R. Ford, a été déployé dans les eaux de l’Atlantique relevant du Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM).
- Le Venezuela a annoncé une « mobilisation massive » de son armée en réponse à la présence du navire américain.
- La Grande-Bretagne et la Colombie ont cessé de fournir des renseignements aux États-Unis concernant les opérations ciblant les navires de trafiquants de drogue.
Washington intensifie sa pression sur Caracas. Le ministère américain de la Défense a confirmé mardi que le porte-avions USS Gerald R. Ford, accompagné de trois autres navires militaires, a pénétré dans la zone de responsabilité du Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM), chargé de la sécurité de l’Amérique latine. Initialement déployé au Moyen-Orient, le navire a été redirigé vers les Caraïbes en octobre, officiellement pour lutter contre le trafic de drogue au large des côtes vénézuéliennes.
Selon un porte-parole du Pentagone, cette force navale « renforcera et étendra les capacités existantes pour perturber le trafic de drogue et affaiblir et démanteler les organisations criminelles transnationales ». L’USS Gerald R. Ford est non seulement le plus grand navire de guerre de la marine américaine, mais également le plus grand au monde, avec un déplacement de 100 000 tonnes (environ 100 millions de kilogrammes), une longueur de 337 mètres, une hauteur de 76 mètres et 25 ponts. Le portail The War Zone précise qu’il embarque six escadrons d’avions, dont quatre escadrons de F/A-18 Super Hornet, ainsi que des hélicoptères. Son arrivée devrait porter à 15 000 le nombre de militaires américains déployés dans la région. CNN rapporte que le déploiement vise à dissuader le Venezuela.
Les États-Unis mènent depuis plusieurs mois des opérations contre des navires dans les Caraïbes. Au total, 19 frappes ont détruit 20 navires et causé la mort de 76 personnes. Washington affirme cibler des embarcations impliquées dans le trafic de drogue, mais ces actions sont critiquées comme des violations du droit international et qualifiées d’« exécutions extrajudiciaires ». Selon CNN, les frappes américaines ont été menées à l’aide de drones MQ-9 Reaper équipés de missiles Hellfire ou d’avions AC-130J.
Caracas craint que le véritable objectif des États-Unis ne soit de renverser le président Nicolás Maduro. En réponse à l’annonce du déploiement du porte-avions américain, le Venezuela a déclaré mardi qu’il procédait à une « mobilisation massive » de ses forces armées. Les détails de cette mobilisation n’ont pas été précisés.
Parallèlement, la coopération en matière de renseignement entre les États-Unis et certains de ses alliés régionaux semble s’affaiblir. La Grande-Bretagne et la Colombie ont cessé de partager des informations avec Washington concernant les opérations contre les navires de trafiquants de drogue, ce qui pourrait compliquer les efforts américains dans la région.
La Chambre des représentants américaine devrait également se prononcer prochainement sur la fin du confinement, une décision qui pourrait potentiellement améliorer la situation des démocrates en difficulté.
Sur le plan international, les États-Unis font pression pour que la référence à l’intégrité territoriale de l’Ukraine soit supprimée d’une résolution de l’ONU, ce qui témoigne des tensions diplomatiques persistantes.