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Pays insulaires les plus touchés par la catastrophe climatique : « L’objectif de 1,5 degré est notre bouée de sauvetage »

Publié le 12 novembre 2025 à 12h01. À Belém, au Brésil, la 30e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP30) est marquée par les appels pressants des nations insulaires, particulièrement vulnérables,…

Pays insulaires les plus touchés par la catastrophe climatique : « L’objectif de 1,5 degré est notre bouée de sauvetage »

Publié le 12 novembre 2025 à 12h01. À Belém, au Brésil, la 30e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP30) est marquée par les appels pressants des nations insulaires, particulièrement vulnérables, à maintenir l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius.

  • Les petits États insulaires exigent le respect de l’objectif de 1,5 degré Celsius, le considérant comme vital pour leur survie.
  • L’indice de risque climatique 2026 révèle que la République dominicaine et le Myanmar sont les pays les plus touchés par les catastrophes climatiques au cours des 30 dernières années.
  • Des manifestants, dont des militants indigènes, ont perturbé les activités de la COP30 en tentant de pénétrer dans la « zone bleue », où se déroulent les négociations.

Alors que la COP30 bat son plein, les nations insulaires, confrontées à la menace existentielle de la montée du niveau de la mer, ont élevé la voix pour réaffirmer l’importance cruciale de l’objectif de 1,5 degré Celsius fixé par l’Accord de Paris. Pour ces pays, il ne s’agit pas d’un simple objectif politique, mais d’une condition de survie.

Toiata Apeluuili, coordinatrice de réduction de l’Association des petits États insulaires (AOSIS), a déclaré lors de la conférence sur le climat :

« Les petits pays insulaires sont ici pour exiger que l’objectif de 1,5 degré soit maintenu. Pour nos petites îles, ce n’est pas un slogan politique, mais une bouée de sauvetage pour la survie. »

Toiata Apeluuili, coordinatrice de réduction de l’AOSIS

Elle a souligné que la survie et les vies de ses concitoyens ne sont pas négociables.

L’AOSIS, qui regroupe 39 pays dont Tuvalu, Haïti et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, est à l’avant-garde des discussions sur la réduction des gaz à effet de serre. Evans Njewa, directeur de l’environnement du Malawi et président du Groupe des pays les moins avancés (PMA), a également insisté sur la nécessité de ne pas abandonner cet objectif :

« Le monde ne devrait pas permettre que l’objectif de 1,5 degré disparaisse. Cette conférence sur le climat doit présenter une feuille de route crédible (pour atteindre l’objectif), y compris les finances et la mise en œuvre. »

Evans Njewa, directeur de l’environnement, Malawi

Le PMA comprend 44 pays, dont le Soudan, le Bangladesh et Kiribati.

Les conséquences dévastatrices du changement climatique sont déjà bien réelles pour de nombreuses nations. Oona May Gordon, membre consultatif du Centre communautaire caribéen sur le changement climatique de la Jamaïque, a rappelé les dégâts considérables causés par l’ouragan Melissa cette année, qui représentent entre 28 et 32 % du produit intérieur brut (PIB) du pays.

« Missa a fait connaître à tous les Jamaïcains le mot « catastrophique ». Les débarquements sont environ quatre fois plus nombreux dans le climat actuel qu’avant l’industrialisation. »

Oona May Gordon, membre consultatif du Centre communautaire caribéen sur le changement climatique

Selon l’indice de risque climatique (CRI) 2026 publié par Germanwatch, une organisation allemande à but non lucratif spécialisée dans la recherche sur le climat et l’environnement, la République dominicaine et le Myanmar sont les pays les plus touchés par les événements météorologiques extrêmes entre 1995 et 2024. La Dominique, fréquemment frappée par les ouragans, a subi plus de 100 décès, des dégâts affectant plus de 110 000 personnes et des pertes économiques dépassant les 3 milliards de dollars sur la même période. Le Myanmar a enregistré 141 000 décès, plus de 9 millions de personnes affectées et des pertes économiques de plus de 8,6 milliards de dollars, principalement en raison des inondations.

Germanwatch souligne que l’objectif de 1,5 degré Celsius n’est pas seulement une norme scientifique, mais aussi une garantie sociale, politique et économique essentielle pour prévenir les effets les plus graves du changement climatique. L’organisation appelle également à une accélération des efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation, ainsi qu’à un financement climatique suffisant, notamment pour les pertes et dommages.

La deuxième journée de la COP30 a été marquée par des tensions, avec des affrontements entre des manifestants et le personnel de sécurité alors que les activistes tentaient de pénétrer dans la « zone bleue ». Des dizaines de personnes, dont des militants indigènes arborant des coiffes de plumes, ont brandi des banderoles proclamant « Nos forêts ne sont pas à vendre ». Selon les organisateurs, deux agents de sécurité ont été légèrement blessés et des dégâts mineurs ont été constatés. Le Guardian a noté que, contrairement aux précédentes conférences organisées dans des pays autoritaires, le Brésil encourage les activités de la société civile et les manifestations de rue, permettant ainsi aux groupes autochtones et aux ONG de surveiller de près les activités des lobbyistes de l’industrie des combustibles fossiles.

Les 13 et 14 novembre, le Sommet des peuples se tiendra, réunissant des organisations de la société civile du monde entier. Par ailleurs, l’Éthiopie a été choisie pour accueillir la 32e Conférence des Parties (COP32), dans le cadre d’un système de rotation régionale. Le pays hôte de la COP31, qui se tiendra l’année prochaine, reste encore à déterminer, l’Australie et la Turquie étant en lice.

Kim Gyu-nam, journaliste

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.