Publié le 2024-02-29 16:35:00. Face à la prudence croissante des banques en matière de prêts aux entreprises de taille moyenne, de nouvelles solutions de financement se développent, notamment l’émission d’obligations de petite envergure, une alternative de plus en plus prisée pour sa flexibilité et son coût.
- Les banques sont devenues plus réticentes à accorder des prêts aux entreprises de taille moyenne en raison des exigences réglementaires renforcées.
- Les obligations de petite envergure (entre 20 et 100 millions d’euros) offrent une alternative intéressante aux financements bancaires traditionnels et aux fonds de dette privée.
- Le marché suisse des capitaux, avec ses taux historiquement bas, est particulièrement attractif pour les entreprises étrangères à la recherche de financement.
Ces dernières années, les entreprises de taille moyenne ont vu leur accès au crédit bancaire se compliquer. Le durcissement des réglementations financières a incité les banques à adopter une approche plus prudente, privilégiant les entreprises présentant un profil de risque plus faible. L’augmentation des exigences en matière de fonds propres rend les prêts aux entreprises moins bien notées moins rentables pour les établissements financiers.
Cette situation a conduit de nombreuses entreprises à explorer des options de financement alternatives. Si les fonds de dette privée ont pu combler une partie du vide laissé par les banques, ils s’accompagnent souvent de coûts élevés et de conditions contractuelles complexes, ce qui les rend peu adaptés à une stratégie de financement à long terme pour beaucoup.
L’obligation de petite envergure : une solution de plus en plus populaire
Dans ce contexte, l’émission d’obligations de petite envergure, comprises entre 20 et 100 millions d’euros (ou francs suisses), s’impose comme une alternative de financement de plus en plus attractive. Moins coûteuse que la dette privée et moins contraignante qu’un prêt bancaire classique, cette solution offre aux entreprises une plus grande flexibilité.
Contrairement aux prêts bancaires, ces obligations ne sont généralement pas garanties et ne comportent pas de clauses financières restrictives. Elles proposent un taux d’intérêt fixe et un remboursement du capital à l’échéance, généralement fixée entre trois et six ans. Cette prévisibilité permet aux entreprises de mieux planifier leurs finances et d’améliorer leur gestion de trésorerie.
De plus, la diversification des sources de financement peut renforcer la position de négociation des entreprises auprès de leurs banques partenaires. Enfin, l’émission d’obligations contribue à accroître la visibilité de l’entreprise sur les marchés financiers.
Un marché suisse particulièrement favorable
Le marché suisse des capitaux, caractérisé par des taux d’intérêt historiquement bas en francs suisses (CHF), présente un intérêt particulier pour les entreprises étrangères. Avec des taux swaps en CHF à moyen terme proches de 0 % actuellement, les entreprises peuvent bénéficier de conditions de financement très avantageuses. Combinés à des spreads de crédit relativement faibles pour les entreprises du secteur « crossover » (c’est-à-dire celles dont la notation de crédit se situe entre BBB et BB) et, le cas échéant, à un swap euro/franc suisse favorable, les coûts de financement en euros ou en francs suisses peuvent être considérablement réduits.
Pour sécuriser ces transactions, les banques peuvent proposer une souscription ferme de l’obligation. Cette garantie, qui assure la placement de l’obligation indépendamment de la demande des investisseurs, offre une tranquillité d’esprit aux émetteurs et renforce la confiance des investisseurs, qui savent que la banque accompagnatrice croit en la réussite de l’opération.
Auteur
Rolf Weilenmann
Rolf Weilenmann est responsable du Corporate Finance et membre de la direction de la Helvetische Bank AG à Zurich.