Publié le 13 novembre 2025. Malgré la promesse de frais de scolarité secondaires gratuits, les coûts cachés liés à l’éducation continuent de peser lourdement sur les familles japonaises, en particulier les plus modestes, soulevant des questions sur l’accès réel à l’enseignement pour tous.
- Une enquête menée par Save the Children Japon révèle que les uniformes, les vélos et le matériel scolaire représentent une part importante des dépenses liées à la rentrée scolaire.
- Près de 70 % des élèves et de leurs parents souhaitent que l’enseignement secondaire devienne obligatoire, craignant les désavantages liés à l’absence de diplôme.
- L’équipement numérique, de plus en plus exigé par les établissements scolaires, ajoute une nouvelle charge financière pour les familles.
Selon une étude récente de l’ONG internationale Save the Children Japon, réalisée en août 2025 auprès de 148 collégiens et lycéens et de 436 parents bénéficiant de la nouvelle allocation d’inscription de l’organisation, les dépenses liées à la scolarité restent considérables. Si le gouvernement japonais prévoit de rendre les frais de scolarité du secondaire pratiquement gratuits à partir de 2026, l’enquête souligne que ces frais ne représentent qu’une partie du coût total de l’éducation.
Les uniformes scolaires constituent le poste de dépense le plus élevé. Les frais de scolarité moyens s’élèvent à 64 656 yens (environ 430 euros) pour le collège et à 80 621 yens (environ 535 euros) pour le lycée, en augmentation d’environ 10 000 yens par rapport à l’année précédente. À cela s’ajoutent des dépenses significatives pour les vélos (plus de 40 000 yens, soit environ 265 euros), les vêtements de sport (plus de 20 000 yens, soit environ 133 euros) et le matériel scolaire spécifique demandé par les établissements.
L’intégration croissante du numérique dans l’enseignement représente également un défi financier. 50 % des lycées publics et 60 % des lycées privés exigent désormais que les élèves se procurent un ordinateur ou une tablette à leurs frais, pour un coût moyen de 79 657 yens (environ 530 euros). Dans de nombreux cas, les écoles imposent des modèles spécifiques, limitant la possibilité de trouver des alternatives moins coûteuses.
L’enquête révèle un fort besoin de soutien financier pour l’achat de fournitures scolaires. Environ 70 % des élèves et de leurs parents ont exprimé le souhait de pouvoir acquérir des uniformes, des vêtements de sport et autres articles à moindre coût, voire gratuitement. Des demandes ont également été formulées pour que les écoles fournissent les manuels scolaires et réduisent le nombre de fournitures spécifiques.
Plus de 60 % des personnes interrogées se prononcent en faveur de la généralisation de l’enseignement secondaire obligatoire, estimant que la poursuite d’études supérieures est devenue la norme et que l’absence de diplôme peut constituer un obstacle à l’emploi.
Un témoignage poignant, recueilli auprès d’un lycéen de Tokyo, illustre les difficultés rencontrées par certaines familles :
« Je dois me serrer la ceinture pour tout, à l’exception des frais de scolarité et de nourriture minimums. Je ne veux pas avoir d’enfants parce que je ne veux pas qu’ils vivent la même chose à l’avenir. »
Lyceen de Tokyo
Save the Children Japon appelle le gouvernement à élargir le soutien financier aux dépenses autres que les frais de scolarité et à offrir un plus grand choix de fournitures scolaires afin de garantir le « droit d’apprendre » pour tous les enfants, quel que soit leur milieu socio-économique.
Photo de bannière : PIXTA