Le gouvernement indien a donné son feu vert à une nouvelle mission ambitieuse visant à dynamiser ses exportations, une initiative perçue comme une réponse aux défis posés par les tensions commerciales mondiales et les droits de douane imposés par les États-Unis. Si le potentiel est réel, des experts soulignent la nécessité d’une mise en œuvre rapide et d’un financement adéquat pour garantir son succès.
Approuvée mercredi par le Cabinet de l’Union, la Mission de promotion des exportations (EPM) prévoit d’allouer 25 060 crores de roupies (environ 2,8 milliards d’euros) sur six ans, de l’exercice 2025-2026 à l’exercice 2030-2031. L’objectif principal est de créer un cadre unifié pour renforcer la compétitivité des produits indiens sur les marchés internationaux.
Cette décision intervient à un moment crucial pour les exportateurs indiens, confrontés aux conséquences des droits de douane de 50 % imposés par l’administration américaine, notamment dans des secteurs clés comme le textile, le cuir, la bijouterie et l’ingénierie. L’EPM vise donc à atténuer l’impact de ces mesures protectionnistes.
Cependant, selon Ajay Srivastava, fondateur de la Global Trade and Research Initiative (GTRI), l’initiative reste pour l’instant un concept général nécessitant des plans de mise en œuvre détaillés. « À ce stade, il s’agit d’un cadre large qui a besoin d’être concrétisé », a-t-il déclaré. Il souligne également que le budget annuel alloué, estimé à moins de 4 200 crores de roupies (environ 460 millions d’euros), pourrait s’avérer insuffisant compte tenu de l’ampleur des objectifs fixés.
L’EPM s’articule autour de deux composantes principales : NIRYAT PROTSAHAN, qui vise à réduire les coûts de financement du commerce pour les petites et moyennes entreprises (PME) grâce à des aides aux intérêts, des solutions d’affacturage, des garanties et des cartes de crédit à l’exportation, et NIRYAT DISHA, qui offrira un soutien non financier en matière de qualité, de conformité, de marque, d’emballage, de participation à des salons internationaux et de logistique.
La mission intégrera également des programmes existants, tels que le Programme de péréquation des intérêts (IES) et l’Initiative d’accès au marché (MAI). Pour que l’EPM soit efficace, le GTRI insiste sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre les différents ministères et d’une accélération des procédures de mise en œuvre. La DGFT (Direction générale du commerce extérieur et des devises) sera chargée de la mise en œuvre, mais devra renforcer son expertise dans la gestion des aspects financiers, traditionnellement gérés par les banques sous la supervision de la Banque de réserve de l’Inde (RBI).