Publié le 14 novembre 2024 à 06h00. Deux adolescents ont été condamnés à effectuer des travaux d’intérêt général après avoir violemment agressé un jeune homme près de Venray, dans une affaire qui met en lumière la sévérité des peines infligées aux mineurs délinquants.
Ties, 21 ans, est profondément déçu par la sentence prononcée à l’encontre de ses agresseurs. « On peut donc frapper quelqu’un et s’en sortir avec des travaux d’intérêt général ? Je trouve ça incompréhensible », a-t-il déclaré, exprimant son sentiment d’impunité.
L’incident remonte à l’été 2024. Ties, résidant près d’Eindhoven, avait répondu à une annonce pour un iPhone 15 Pro Max (900 euros) publié sur le site de petites annonces Marktplaats. Le rendez-vous, fixé à Venray, s’est transformé en un véritable cauchemar. Il a été attaqué par cinq adolescents qui l’ont roué de coups. Selon ses propres dires, l’agression semblait dénuée de mobile, ses agresseurs riant pendant qu’ils le blessaient.
Les conséquences de cette attaque sont lourdes pour Ties. Il souffre de problèmes de vision, de lésions cérébrales permanentes et d’anxiété. Sa vie a basculé depuis juillet 2024. « Je suis pratiquement aveugle, ça ne va plus jamais disparaître. Ils en ont fini avec deux semaines de travaux d’intérêt général », déplore-t-il.
Trois des cinq agresseurs ont été appréhendés par la police et jugés à huis clos fin octobre devant le tribunal de Roermond. L’un d’eux, né en 2009, a été condamné à 160 heures de travaux d’intérêt général, ainsi qu’à 120 jours de détention pour mineurs, dont 102 avec sursis. Après déduction de sa détention provisoire, il n’aura pas à purger de peine de prison. Le juge a estimé que cette peine ne compromettrait pas son parcours vers une réinsertion positive.
Il sera toutefois soumis à une période de probation de deux ans, avec des obligations de présentation et de coopération avec les services d’aide. Le second suspect a quant à lui été condamné à 100 heures de travaux d’intérêt général et 120 jours de détention pour mineurs, dont 116 avec sursis, assortis d’une période de probation similaire et de l’obligation de suivre un programme de gestion de la colère.
Les agresseurs ont été condamnés à verser à Ties une indemnisation de plus de 8 600 euros. Un troisième suspect a été acquitté faute de preuves suffisantes.
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