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Découpage électoral : l’administration Trump poursuit la Californie

Washington – L'administration américaine, sous la présidence de Donald Trump, a porté la bataille pour le contrôle de la Chambre des représentants devant les tribunaux en contestant une nouvelle carte électorale californienne approuvée par les électeurs. Cette initiative,…

Découpage électoral : l’administration Trump poursuit la Californie

Washington – L’administration américaine, sous la présidence de Donald Trump, a porté la bataille pour le contrôle de la Chambre des représentants devant les tribunaux en contestant une nouvelle carte électorale californienne approuvée par les électeurs. Cette initiative, perçue comme une réponse à des manœuvres similaires menées par les républicains au Texas, pourrait redessiner les équilibres politiques à l’approche des élections de mi-mandat de 2026.

Le département de la Justice des États-Unis s’est joint jeudi à la poursuite lancée par le Parti républicain de Californie contre la Proposition 50, un amendement constitutionnel validé par référendum en début de semaine. Cette proposition permettrait de redéfinir temporairement les circonscriptions électorales de l’État, potentiellement au profit des démocrates dans cinq districts actuellement détenus par des républicains.

« Cette tentative du gouverneur Newsom d’instaurer un régime à parti unique et de réduire au silence des millions de Californiens ne tiendra pas », a déclaré la procureure générale Pam Bondi dans un communiqué. Elle accuse le projet de redécoupage électoral de « bafouer les droits civiques et le processus démocratique ».

La Proposition 50, surnommée « Accessoire 50 » ou « Réponse à la manipulation électorale », est une riposte directe à la décision du Texas de redéfinir ses propres circonscriptions électorales afin de favoriser les républicains. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, avait proposé de suspendre jusqu’en 2030 la carte établie par une commission indépendante, au profit d’une carte dessinée par l’Assemblée législative de l’État, à majorité démocrate.

Les avocats du département de la Justice affirment que cette mesure constitue un « charcutage électoral fondé sur la race », favorisant les électeurs hispanophones. Ils demandent au tribunal d’interdire l’utilisation de cette nouvelle carte pour les élections de 2026 et les scrutins suivants.

Le bureau du gouverneur Newsom a répliqué sur le réseau social X : « Ces perdants ont perdu aux urnes et perdront bientôt aussi devant les tribunaux. »

L’ancien président Barack Obama, bien qu’opposé au découpage électoral partisan, a apporté son soutien à la Proposition 50, soulignant son caractère temporaire et sa nécessité pour « sauver la démocratie ». L’ancien gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, a quant à lui fait campagne contre cette initiative.

Le Texas, deuxième poids lourd de la Chambre des représentants après la Californie, a été le premier État républicain à accepter les demandes de redécoupage électoral de Donald Trump. Ce dernier a affirmé, à tort, avoir obtenu « le plus grand nombre de voix de l’histoire du Texas » et estimer que l’État avait droit à cinq sièges supplémentaires à la Chambre.

Trump a également exercé des pressions sur d’autres États gouvernés par les républicains, comme le Missouri et la Caroline du Nord, pour qu’ils redessinent leurs circonscriptions électorales à l’avantage de son parti. L’objectif est de consolider, voire d’accroître, la majorité républicaine à la Chambre lors des élections de mi-mandat de 2026.

Les républicains disposent actuellement d’une mince majorité de 219 sièges à la Chambre, contre 213 pour les démocrates, et trois sièges sont vacants. D’autres États démocrates, dont la Virginie et le Maryland, envisagent également de redessiner leur carte électorale, mais les républicains sont considérés comme plus susceptibles de gagner des sièges grâce à ces manœuvres.

Traditionnellement, les États ne modifient leurs districts électoraux qu’après le recensement décennal, le prochain étant prévu en 2030. Si certains États, comme la Californie, ont confié ce pouvoir à des commissions indépendantes, la majorité des États laissent cette responsabilité à leur assemblée législative. Le découpage électoral partisan, souvent qualifié de « charcutage électoral », est une pratique courante qui permet d’isoler des groupes d’électeurs et de surreprésenter d’autres.

Bien que les deux partis aient eu recours à cette pratique, les républicains ont tendance à manipuler les frontières des districts de manière plus systématique que les démocrates, en particulier depuis les années 2010, comme le confirment diverses études.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.