Publié le 2025-11-15 02:31:00. Pour pallier la pénurie de vétérinaires en milieu rural, des législateurs du Wisconsin proposent un programme de remboursement de prêts étudiants pour attirer les jeunes diplômés vers les exploitations agricoles de l’État.
- Un projet de loi permettrait aux vétérinaires exerçant dans les comtés ruraux de se faire rembourser jusqu’à 25 000 $ par an de leurs prêts étudiants, sur une période maximale de quatre ans.
- Les vétérinaires concernés devraient consacrer au moins 25 % de leur temps aux soins des animaux de ferme.
- Le programme, similaire à des dispositifs existants pour d’autres professionnels de la santé, nécessite encore une allocation budgétaire.
Le Wisconsin, comme de nombreux États américains, est confronté à une crise de pénurie de vétérinaires, particulièrement dans les zones rurales. Cette situation met en difficulté les exploitants agricoles, qui peinent à obtenir des soins pour leurs animaux. Pour tenter de remédier à ce problème, un groupe bipartite de législateurs a présenté un projet de loi visant à encourager les jeunes vétérinaires à s’installer dans les comtés ruraux.
Le projet de loi, référencé AB505, prévoit une subvention pouvant atteindre 25 000 $ par an pour le remboursement des prêts étudiants des vétérinaires nouvellement diplômés. Cette aide financière serait cumulable sur une période maximale de quatre ans, pour un total potentiel de 100 000 $. Pour bénéficier de cette subvention, les vétérinaires devront consacrer au moins 25 % de leur temps de travail aux soins des animaux de la ferme.
Les défenseurs de cette initiative soulignent que le niveau d’endettement des jeunes vétérinaires, souvent élevé après leurs études, constitue un frein majeur à l’exercice en milieu rural, où les salaires sont généralement moins attractifs. Joie Haines, étudiante en troisième année de médecine vétérinaire à l’Université du Wisconsin, a témoigné lors d’une audience publique le jeudi 14 novembre. Elle a expliqué que ses camarades de classe reçoivent souvent des offres d’emploi plus lucratives dans des cliniques urbaines spécialisées dans les petits animaux.
« J’ai des camarades de classe qui ont reçu des primes à la signature de 30 000 $ ou 40 000 $. Ils se demandent pourquoi ils iraient s’installer dans une zone rurale du Wisconsin, dans un cabinet animalier généraliste, et gagner moins de 100 000 $ par an. »
Joie Haines, étudiante en médecine vétérinaire et membre du conseil d’administration de la Wisconsin Veterinary Medicine Association
Joie Haines, originaire d’une ferme familiale à Arcadia, a également souligné les difficultés rencontrées par les agriculteurs pour accéder aux soins vétérinaires. Elle a raconté que sa famille devait souvent se déplacer sur de longues distances ou renoncer à certains soins en raison du manque de vétérinaires disponibles.
Le Dr Al Martens, vétérinaire à Waupun, a également pris la parole en faveur du projet de loi. Son équipe de 16 vétérinaires couvre une vaste zone géographique, desservant des exploitations dans neuf comtés de l’est du Wisconsin. Il a expliqué que de nombreux petits cabinets vétérinaires ont disparu, obligeant son équipe à couvrir un territoire plus étendu.
« Une des raisons pour lesquelles nous couvrons un si vaste territoire est que la plupart des petits cabinets, avec un ou deux vétérinaires, ont fermé leurs portes. »
Dr Al Martens, vétérinaire à Waupun
Selon le Dr Martens, la disparition de ces cabinets a entraîné une réduction des services d’urgence, ce qui peut avoir des conséquences graves sur le bien-être animal et engendrer des pertes économiques pour les exploitations.
Le programme proposé s’inspire d’initiatives similaires déjà en place pour d’autres professionnels de la santé, tels que les médecins généralistes, les psychiatres et les dentistes exerçant dans des zones sous-desservies. Joie Haines a précisé qu’elle devrait obtenir son diplôme avec une dette de 130 000 $ et que, compte tenu des taux d’intérêt, le montant total à rembourser pourrait atteindre 200 000 $.
« Même si je suis déterminée à travailler dans une zone rurale, je me demande comment je vais pouvoir rembourser cette dette une fois mes études terminées. »
Joie Haines, étudiante en médecine vétérinaire
Bien que le projet de loi bénéficie d’un soutien bipartisan, plusieurs législateurs ont souligné l’absence d’allocation budgétaire pour financer les subventions. Le financement du programme devra être intégré au prochain budget biennal de l’État, qui sera élaboré par le nouveau gouverneur et la nouvelle législature. Le représentant Joel Kitchens, l’un des principaux parrains du projet de loi, a reconnu que l’obtention de fonds supplémentaires serait un défi.
« Je suis convaincu que si nous adoptons ce projet de loi, nous injecterons de l’argent dans le budget, quel que soit le gouverneur. »
Joel Kitchens, représentant de l’État