L’introduction de disciplines estivales aux Jeux olympiques d’hiver suscite l’inquiétude des instances dirigeantes des sports d’hiver, qui craignent une dilution de l’identité même de cette compétition. Le Comité International Olympique (CIO) explore actuellement des pistes de modernisation, mais cette approche se heurte à une forte opposition.
Selon Colin Grahamslaw, secrétaire général des fédérations olympiques d’hiver, l’ajout de sports qui ne se pratiquent pas sur neige ou sur glace compromettrait l’image de marque des Jeux d’hiver. « Nous pensons que les Jeux d’hiver ont une très forte identité visuelle, basée sur la neige et la glace. Et nous pensons que c’est unique et mérite d’être préservé », a-t-il déclaré à BBC Sport. Il craint que l’introduction de sports estivaux, même pratiqués en hiver, ne crée une confusion avec les Jeux d’été.
Cette prise de position intervient alors que le CIO a lancé une consultation, baptisée « Prêt pour l’avenir », sous la direction de sa nouvelle présidente, Kirsty Coventry, afin d’examiner l’évolution des Jeux d’hiver et d’été. Lord Coe, président de World Athletics, avait précédemment suggéré l’ajout de la course de cross-country et du cyclo-cross au programme hivernal.
Les fédérations olympiques d’hiver, qui représentent le biathlon, le bobsleigh et le skeleton, le hockey sur glace, la luge, le patinage, le ski et le snowboard, ainsi que le curling, estiment qu’il existe des alternatives pour dynamiser les Jeux d’hiver sans renier leur spécificité. « S’il y a une capacité au sein des Jeux d’hiver pour plus de sports, plus d’action, plus de dynamique, alors nous pouvons le fournir au sein de la communauté de la neige et de la glace », a précisé M. Grahamslaw, qui est également secrétaire de la Fédération mondiale de curling.
Il a souligné l’exemple du ski-alpinisme, qui fera ses débuts aux Jeux olympiques d’hiver de Milan Cortina 2026, et du hockey sur glace, qui pourrait adopter un format plus dynamique avec des matchs en trois contre trois. Les fédérations olympiques d’hiver se disent « pleinement engagées » en faveur de l’innovation et du renforcement de l’attrait des Jeux d’hiver, mais s’opposent à des « propositions fragmentaires » comme l’inclusion de disciplines estivales.
Le CIO a reconnu la nécessité d’adapter les Jeux d’hiver face au changement climatique, après des études prévoyant que seulement 10 pays pourront accueillir des sports de neige d’ici 2040. La Charte olympique définit actuellement les sports d’hiver comme ceux pratiqués sur neige ou sur glace.