Publié le 16 novembre 2023 à 15h00. Les investisseurs scrutent les prochains indicateurs économiques, notamment le procès-verbal de la Réserve fédérale américaine et les chiffres de l’inflation au Royaume-Uni, dans un contexte d’incertitude persistante quant à l’orientation future des taux d’intérêt.
- Le procès-verbal de la réunion d’octobre de la Réserve fédérale sera publié mercredi, alors que les attentes concernant de nouvelles baisses de taux se sont atténuées.
- Les données sur l’inflation au Royaume-Uni, attendues la semaine prochaine, pourraient confirmer que la croissance des prix a atteint un sommet.
- L’activité économique de la zone euro pourrait connaître un léger rebond, selon les premiers indicateurs, mais les économistes restent prudents.
L’incertitude plane sur les marchés financiers, exacerbée par la récente paralysie du gouvernement américain et le manque de données économiques cruciales pendant cette période. Les investisseurs attendent avec impatience le procès-verbal de la Réserve fédérale (Fed) pour tenter de décrypter les intentions de la banque centrale américaine concernant sa politique monétaire.
La Fed a abaissé son taux de référence à une fourchette de 3,75 % à 4 % le mois dernier. Cependant, les espoirs d’une nouvelle baisse en décembre ont été refroidis par les déclarations du président de la Fed, Jay Powell, qui a souligné qu’une réduction supplémentaire des taux n’était pas garantie. Avant la réunion d’octobre, le marché anticipait pleinement une baisse de 0,25 point de pourcentage en décembre, mais les propos de Powell ont rapidement modifié ces attentes.
La présidente de la Fed de Boston, Susan Collins, a également semé le doute quant à une baisse de taux le mois prochain, estimant qu’il y avait une « barre relativement haute pour un assouplissement supplémentaire à court terme ». L’arrêt temporaire de l’administration américaine, qui a pris fin mercredi après 43 jours, a compliqué la tâche de la Fed, car la publication de données clés sur le marché du travail et l’inflation a été interrompue, laissant les investisseurs dans l’incertitude quant à la santé de l’économie américaine.
Selon les analystes de Morgan Stanley, ce manque de données pourrait amener la Fed à prendre des décisions basées sur une image incomplète de la situation économique lors de sa réunion de décembre. Toutefois, Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national, a annoncé que certaines des données manquantes sur l’emploi seraient publiées prochainement. Les analystes de Goldman Sachs s’attendent à ce que le Bureau of Labor Statistics publie un calendrier de publication dans la semaine à venir.
L’inflation au Royaume-Uni a-t-elle atteint un sommet ?
Les investisseurs surveilleront de près les données sur l’inflation au Royaume-Uni la semaine prochaine pour confirmer que la croissance des prix a culminé en septembre, comme prévu par la Banque d’Angleterre (BoE). Les économistes prévoient que les chiffres officiels, attendus mercredi, montreront une baisse de l’inflation annuelle à 3,6 % en octobre, contre 3,8 % le mois précédent, conformément aux prévisions de la BoE.
Philip Shaw, économiste à Investec, anticipe même un taux inférieur à 3,5 %, citant une hausse du prix plafond du gaz et de l’électricité moins importante que l’année dernière, une inflation alimentaire plus faible et des effets à la baisse des tarifs aériens.
« Même s’il est peu probable que le comité de politique monétaire soit influencé de manière excessive par un seul point de données, un résultat plus faible tendrait à conforter notre opinion selon laquelle le comité abaissera à nouveau le taux d’escompte de 25 points de base le mois prochain. »
Philip Shaw, économiste à Investec
La BoE annoncera sa décision de politique monétaire le 18 décembre, après la présentation du Budget le 26 novembre, un événement clé susceptible d’influencer les décideurs. Le revirement du gouvernement en matière d’augmentation de l’impôt sur le revenu a créé une certaine volatilité sur les marchés en fin de semaine.
D’autres données cruciales suivront vendredi, concernant les finances publiques, les ventes au détail et l’activité commerciale mesurée par les indices des directeurs d’achat. Investec prévoit un ralentissement de la croissance des ventes au détail à 0,1 % en octobre, contre 0,5 % en septembre, et un affaiblissement de l’indice PMI composite à 51,3 en novembre, contre 52,2 en octobre.
Selon Philip Shaw, « nous doutons que la dynamique de consommation se poursuive à ce rythme remarquable en octobre, mais étant donné la forte tendance des derniers mois, nous hésitons à envisager une baisse des ventes ». Investec s’attend également à ce que l’écart des emprunts publics continue de dépasser les prévisions de l’OBR en octobre, ce qui constitue une mauvaise nouvelle pour la chancelière juste avant la présentation du budget.
L’économie de la zone euro peut-elle connaître une renaissance ?
Vendredi, l’indice PMI flash de la zone euro du HCOB donnera un aperçu de l’activité du secteur privé dans la région en novembre. Les économistes s’attendent à ce que l’indice composite se maintienne à 52,5 points, inchangé par rapport à octobre, lorsque l’indicateur de l’activité des entreprises dans la région a atteint son plus haut niveau en deux ans et demi, dépassant la barre des 50 points qui sépare l’expansion de la contraction.
L’activité des services devrait poursuivre sa forte expansion, atteignant 53 points, tandis que l’activité dans le secteur manufacturier devrait croître légèrement à 50,2 points, contre 50 points en septembre.
« Les gens attendent une renaissance de la croissance européenne, mais il n’y a pas beaucoup de preuves de cela. »
Tomasz Wieladek, économiste européen chez T Rowe Price
Tomasz Wieladek souligne que la prévision d’une performance solide du secteur des services en novembre est similaire à celle d’octobre. Si cette tendance se confirme, cela aura un impact positif sur les marchés européens. À l’inverse, une baisse pourrait indiquer que l’Europe est en train de stagner.