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“SNL” a son moment Black Mirror

by Antoine Girard

Publié le 16 novembre 2025 à 19h16. Lors de sa diffusion de samedi soir, l’émission Saturday Night Live a abordé avec humour et une pointe d’amertume la frustration grandissante face à l’intelligence artificielle, une technologie omniprésente qui s’immisce désormais jusque dans les objets du quotidien.

  • Le sketch d’ouverture a mis en scène une grand-mère confrontée aux dérives d’une application d’animation de vieilles photos basée sur l’IA.
  • L’humour grinçant du sketch réside dans le contraste entre les promesses de l’IA et ses résultats souvent absurdes, voire choquants.
  • L’approche subtile de SNL, qui laisse les faits parler d’eux-mêmes, contraste avec le traitement plus direct d’autres sujets d’actualité dans l’émission.

Le sketch initial a présenté Ashley Padilla interprétant une femme âgée rendue visite par ses petits-enfants. Ces derniers lui ont fait découvrir une application d’intelligence artificielle capable de donner vie à de vieilles photographies. L’expérience, au départ enthousiasmante, a rapidement viré au cauchemar. La première photo animée montrait le père de Padilla, incarné par Glen Powell, souriant et semblant rajeuni. Mais les images suivantes ont pris une tournure surréaliste et déconcertante : la mère de Padilla, Veronika Slowikowska, fumant un hot-dog comme une cigarette, et Powell tentant de griller Sadie, le chien de la famille (sans tête, précisons-le).

Lorsque la grand-mère a exprimé son incompréhension, sa petite-fille, jouée par Sarah Sherman, a tenté de rationaliser la situation :

« Il y a probablement trop de choses qui se passent sur l’image et l’IA s’est embrouillée. »

Sarah Sherman, actrice

La situation a ensuite dégénéré, avec l’apparition d’un ami du personnage de Powell, Mikey Day, déshabillé et arborant un torse lisse de Ken. La grand-mère, horrifiée, a refusé de regarder la photo suivante, mais son petit-fils a insisté, arguant qu’il avait payé pour l’application et qu’il voulait en profiter pleinement. Elle a donc été contrainte d’assister à la profanation de sa toute première photo de bébé : sa mère partiellement disparue, son père étirant son enfant comme un accordéon, l’ami nu réapparaissant, et finalement, une explosion nucléaire effaçant tout.

Si les effets visuels étaient réussis et l’absurdité du sketch indéniable, celui-ci a surtout réussi à capturer un sentiment croissant de méfiance envers l’IA. Une famille ordinaire, en utilisant une technologie censée simplifier la vie, s’est retrouvée confrontée à des résultats imprévisibles et perturbants. Le sketch ne s’est pas attaqué directement aux géants de la Silicon Valley, n’a pas dénoncé les enjeux humains, sociétaux ou environnementaux de l’IA. Il a simplement souligné que cette technologie, tant vantée, ne fonctionne pas toujours comme prévu, laissant le spectateur se questionner sur son réel intérêt.

Cette approche subtile contrastait avec le traitement plus direct d’un autre sujet brûlant de l’actualité : les révélations concernant les dossiers Epstein. Des blagues sur les nouvelles informations et les tentatives désespérées du Parti républicain de minimiser l’affaire ou de changer de sujet ont été abordées ouvertement, notamment lors du segment « Weekend Update » et dans trois sketchs mettant en scène le retour du personnage de MacGruber, interprété par Will Forte. Si certaines blagues ont trouvé leur public, le sujet a fini par lasser. Le sketch sur l’IA, en revanche, a démontré qu’il est parfois plus efficace de laisser l’absurdité de la situation parler d’elle-même.

Pour en savoir plus sur la manière dont SNL s’adapte à l’actualité, vous pouvez consulter cet article.

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