Publié le 16 novembre 2023 19:58:00. Le gouvernement australien est sous pression pour réformer les avantages fiscaux accordés aux investisseurs immobiliers, jugés par les syndicats comme un facteur aggravant la crise du logement et nuisible à l’économie.
- L’ACTU (Australian Council of Trade Unions) demande une limitation des avantages fiscaux à une seule propriété.
- Une enquête sénatoriale est en cours sur l’allègement fiscal de 50 % sur les plus-values immobilières.
- Selon l’ACTU, ces avantages fiscaux ont coûté 25 milliards de dollars australiens (environ 16 milliards d’euros) au gouvernement fédéral en 2022-2023.
Les syndicats australiens intensifient leurs appels au gouvernement d’Anthony Albanese pour réduire drastiquement les avantages fiscaux dont bénéficient les investisseurs immobiliers. L’ACTU met en garde contre un effet pervers de ces dispositifs, estimant qu’ils contribuent à la hausse des prix et rendent l’accès au logement encore plus difficile pour les travailleurs.
L’organisation syndicale pointe du doigt l’effet de levier négatif et l’allègement fiscal sur les plus-values, qui, selon elle, nuisent à l’économie australienne. Au moment où le nombre de prêts accordés aux investisseurs pour l’achat de logements existants est en augmentation, l’ACTU réclame que ces deux mesures soient limitées à une seule propriété. En 2022-2023, ces concessions fiscales ont représenté un manque à gagner estimé à 25 milliards de dollars australiens (environ 16 milliards d’euros) pour les caisses de l’État.
Parallèlement, les Verts ont lancé une enquête sénatoriale portant sur l’allègement de 50 % de l’impôt sur les plus-values pour les actifs détenus pendant au moins un an. Cette enquête vise à évaluer l’impact de cette mesure sur la productivité et la répartition des richesses en Australie.
Sally McManus, secrétaire de l’ACTU, a dénoncé un système qui encourage la spéculation immobilière.
« Les dispositions fiscales actuelles encouragent la spéculation de la part de la classe des « propriétaires professionnels » du pays sur les propriétés existantes plutôt que d’encourager la construction de nouvelles maisons. »
Sally McManus, secrétaire de l’ACTU
Elle a ajouté que l’argent investi dans l’immobilier ne se traduit pas par un investissement productif pour le pays.
« En tant que pays, nous investissons énormément d’argent dans l’immobilier, des sommes vraiment énormes, mais ce n’est pas le bon type d’investissement et cela rend le logement encore plus abordable pour les travailleurs. »
Sally McManus, secrétaire de l’ACTU
L’ACTU estime que les modifications apportées à l’effet de levier négatif et à l’impôt sur les plus-values devraient cibler les investisseurs détenant plusieurs biens immobiliers. Sur les 2,3 millions de contribuables ayant bénéficié d’allègements fiscaux sur leurs propriétés au cours de l’exercice 2022-2023, 1,6 million n’en possédaient qu’une seule, tandis que 19 389 en détenaient six ou plus.