Publié le 16 novembre 2023. L’analyste financier Salvador Di Stefano, surnommé le “gourou du dollar bleu”, anticipe une stabilisation du taux de change en Argentine grâce à l’afflux de capitaux et à de nouveaux accords commerciaux, tout en soulignant l’importance d’une politique fiscale prudente.
- Le dollar devrait évoluer dans une fourchette de 1 320 à 1 360 pesos argentins.
- L’inflation est estimée à 2,3 % en octobre, avec une prévision annuelle d’environ 20 % pour les 12 prochains mois.
- Le gouvernement doit encourager l’investissement en réduisant les impôts pour relancer l’activité économique.
Selon Salvador Di Stefano, les mécanismes de contrôle des changes actuellement en place en Argentine devraient perdurer, soutenus par un afflux significatif de devises étrangères. Ce flux est notamment alimenté par des investissements et l’acquisition d’obligations négociables, qui ont atteint un volume record de 2,9 milliards de dollars au cours des 15 premiers jours de novembre, sous le gouvernement de Javier Milei.
L’analyste critique les approches qui se concentrent uniquement sur la balance commerciale traditionnelle (exportations et importations) sans tenir compte de l’importance croissante des flux financiers. Il estime que l’Argentine, plus ouverte économiquement qu’auparavant, doit impérativement mesurer et intégrer ces entrées de capitaux dans ses analyses.
À long terme, Di Stefano prévoit une tendance à l’appréciation du taux de change argentin, stimulée par ces afflux de capitaux. L’accord commercial avec les États-Unis, le prêt de 20 milliards de dollars, le possible rachat de dette et les financements de banques américaines sont autant de facteurs qui rassurent quant à la capacité de l’Argentine à honorer ses engagements financiers. Il souligne que cet accord pourrait permettre de ne pas avoir à constituer une réserve de 9 milliards de dollars au sein de la Banque centrale.
Cependant, l’analyste met en garde contre une accumulation excessive de réserves. Il explique que si la Banque centrale achète des dollars et émet des pesos, cela augmente à la fois les actifs et les passifs de l’institution. Si le marché ne demande pas ces pesos, la Banque centrale devra les absorber via des bons du Trésor, ce qui engendrerait un déficit quasi budgétaire nécessitant un excédent budgétaire plus important que celui actuellement disponible. Il considère cette option comme une erreur.
Di Stefano insiste sur la nécessité pour le gouvernement de créer un environnement favorable à l’investissement, notamment en réduisant les impôts. Il estime que cette mesure encouragera l’investissement, augmentera l’assiette fiscale, permettra de collecter davantage d’impôts et, à terme, de réduire à nouveau les impôts sur le revenu, créant ainsi un cercle vertueux pour l’économie.
Il préconise de ne pas accumuler des réserves à tout prix, mais plutôt de favoriser l’activité économique. Lorsque l’activité économique sera en hausse et que la demande de pesos augmentera, ce sera le moment opportun pour la Banque centrale d’acheter des dollars en émettant des pesos, qui seront absorbés sans difficulté par le marché.
Concernant l’inflation, elle s’est établie à 2,3 % en octobre. L’analyste anticipe des mois difficiles, mais prévoit une inflation d’environ 20 % pour l’année à venir. Il estime que les taux d’intérêt à terme fixe, actuellement à 24 % par an, et les taux fixes à 31 % par an, restent positifs par rapport à l’inflation et pourraient même continuer à baisser, ce qui entraînerait une baisse des taux de prêt à des niveaux plus raisonnables.
Enfin, Di Stefano est optimiste quant à l’évolution des obligations souveraines en dollars, qu’il prévoit en hausse, ce qui réduirait le risque pays. Il estime qu’un risque pays d’environ 400 points est atteignable, ce qui pourrait porter le rendement de l’obligation AL35 à environ 8 % par an, avec un objectif de cours supérieur à 80 dollars américains. Il prévoit également une hausse des actions, avec une approche sélective, soulignant le potentiel de sociétés comme YPF, Vista et Pampa Energía, notamment avec l’ouverture du pipeline VMOS (Vaca Muerta Oil Sur) en 2026.
Il recommande aux investisseurs d’adopter une perspective à long terme et d’éviter les transactions à court terme, qui engendrent des coûts de commission importants.
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