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ASO, propriétaire du Tour de France, rejette l’idée d’un système de billetterie payante pour les spectateurs des courses cyclistes

Publié le 16 novembre 2023. L'organisation du Tour de France a fermement rejeté l'idée de faire payer l'accès aux spectateurs pour assister à certaines étapes clés, une proposition qui suscite le débat face aux difficultés financières rencontrées par…

ASO, propriétaire du Tour de France, rejette l’idée d’un système de billetterie payante pour les spectateurs des courses cyclistes

Publié le 16 novembre 2023. L’organisation du Tour de France a fermement rejeté l’idée de faire payer l’accès aux spectateurs pour assister à certaines étapes clés, une proposition qui suscite le débat face aux difficultés financières rencontrées par les équipes cyclistes.

  • L’ASO (organisation du Tour de France) s’oppose à la mise en place d’un système de billetterie pour les spectateurs le long du parcours.
  • Cette proposition, initialement évoquée par un ancien directeur sportif, visait à générer des revenus supplémentaires pour les équipes cyclistes.
  • Plusieurs acteurs du monde du cyclisme soulignent la nécessité de trouver de nouvelles sources de financement pour assurer la pérennité du sport.

La question de la monétisation de l’accès aux courses cyclistes sur route a refait surface la semaine dernière, après que Jérôme Pineau, ancien chef d’équipe, ait soulevé la possibilité d’un système de billetterie lors de son intervention dans le podcast Grand Plateau sur RMC. Pineau avait notamment cité la double ascension de l’Alpe d’Huez lors du prochain Tour de France comme un site potentiel pour l’application de ce système.

Selon Pineau, l’instauration d’un tarif pour les derniers kilomètres des ascensions montagneuses pourrait générer des revenus significatifs pour les équipes, sans pour autant altérer le spectacle sportif. Il suggérait par exemple de facturer l’accès aux cinq derniers kilomètres, estimant que cela pourrait rapporter une somme importante.

Si des tentes VIP sont déjà courantes en cyclocross et sur certaines courses d’un jour, comme le Tour des Flandres – où l’expérience en tribune la plus coûteuse atteindra plus de 700 € en 2026 – l’idée d’un accès payant pour les spectateurs sur route reste controversée. En 2023, Richard Plugge, manager de l’équipe Visma-Lease a Bike, avait évoqué la possibilité de demander 10 € pour accéder aux zones montagneuses, davantage comme une caution pour prévenir les incidents qu’une véritable source de revenus, comme le rapporte Cycling Weekly.

« Pourquoi ne pas faire payer l’accès aux dernières parties de la haute montagne ? Si nous facturions les cinq derniers kilomètres, cela générerait une très belle somme d’argent pour les équipes sans affecter le spectacle. »

Jérôme Pineau, ancien chef d’équipe

Des appels se font également entendre pour organiser davantage de courses sur circuit afin de limiter les perturbations causées par des manifestations, à l’image de celles qui ont conduit à la suspension ou à l’annulation de certaines étapes de la Vuelta a España.

Cependant, l’ASO a catégoriquement rejeté cette idée. Interrogé par Dernière Heure, un responsable de l’organisation a affirmé que l’instauration d’un système de billetterie irait à l’encontre du principe fondamental du cyclisme : « l’accès pour tous ».

« Par essence, le vélo est gratuit [pour les spectateurs] et introduire un système de billetterie n’est absolument pas à l’ordre du jour. »

Pierre-Yves Thoualt, directeur adjoint de la section cyclisme de l’ASO

Cette position est soutenue par Marc Madiot, manager de longue date de Groupama-FDJ, Vincent Lavenu, ancien patron de l’équipe AG2R La Mondiale, et Valerio Piva, directeur sportif de Jayco-AlUla.

« Le cyclisme est un sport libre et cela l’aide à réussir. Gardons ça comme ça. »

Marc Madiot, manager de Groupama-FDJ

Néanmoins, l’effondrement récent de l’équipe Arkéa-B&B Hotels suite au retrait de ses sponsors, ainsi que l’écart croissant entre les budgets des grandes équipes du WorldTour et ceux des plus petites, rendent de plus en plus difficile pour certaines formations de rester compétitives. Lavenu souligne ainsi la nécessité de trouver des sources de revenus plus stables à long terme, voire d’envisager un plafond salarial.

« À l’heure actuelle, il y a des équipes parrainées par l’État ou soutenues par des multinationales qui disposent de budgets illimités, et d’autres qui se battent pour conserver le soutien de leurs sponsors et qui constatent que leurs bailleurs de fonds sont de moins en moins disposés à desserrer les cordons de leur bourse. »

Vincent Lavenu, ancien patron de l’équipe AG2R La Mondiale

« Le cyclisme dépend trop de ses sponsors. Les équipes ne bénéficient ni des droits TV comme dans le football, ni des systèmes de billetterie », ajoute Lavenu. Piva renchérit : « Sur le papier, c’est une bonne idée si ceux qui organisent la course sont généreux avec les équipes. »

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À propos de l’auteur: Camille Renault

Camille Renault couvre le sport français et international, avec une attention particulière au football, au rugby, au tennis et aux grands rendez-vous de compétition. Son écriture conjugue précision, rythme et sens du résultat.