Publié le 17 novembre 2025 à 11h51. La Banque centrale d’Irlande tire la sonnette d’alarme face à une dépendance croissante aux performances des entreprises technologiques américaines, tout en rassurant sur la solidité du système financier irlandais face à d’éventuels chocs économiques.
- La forte valorisation des entreprises américaines de technologie et d’intelligence artificielle crée un décalage avec les incertitudes économiques persistantes.
- Une correction boursière aux États-Unis pourrait avoir des répercussions importantes sur les marchés mondiaux, y compris en Irlande.
- Malgré les risques, la Banque centrale estime que le système bancaire irlandais est capable d’absorber un choc sévère.
L’économie irlandaise reste particulièrement vulnérable aux fluctuations internationales, notamment en raison de sa forte intégration dans l’économie mondiale et de sa dépendance aux investissements directs étrangers américains, souligne la Banque centrale dans son dernier rapport sur la stabilité financière, publié ce jour. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les cours des actions des entreprises technologiques américaines, portées par des anticipations de croissance robuste, atteignent des niveaux record, créant un fossé avec la réalité économique globale.
Selon la Banque centrale, une détérioration des perspectives de ces entreprises pourrait entraîner une correction boursière aux États-Unis, avec des conséquences en cascade sur les marchés internationaux. L’exposition significative des ménages et des investisseurs étrangers aux marchés américains amplifie ce risque, rendant une correction brutale potentiellement déstabilisatrice.
Le gouverneur de la Banque centrale, Gabriel Makhlouf, a insisté sur la nécessité d’une gestion prudente des dépenses publiques, compte tenu de ce risque de concentration et des besoins d’investissement dans les infrastructures.
« Compte tenu de ce risque de concentration et à un moment où la croissance des investissements dans les infrastructures est nécessaire, les plans de dépenses publiques continueront de nécessiter une gestion prudente. »
Gabriel Makhlouf, Gouverneur de la Banque centrale
Cependant, la Banque centrale se montre optimiste quant à la résilience du secteur financier irlandais. Les ménages, les entreprises et les institutions financières disposent actuellement de bilans relativement sains, ce qui leur confère une capacité d’absorption des chocs.
« Compte tenu de cette situation de départ, même dans un scénario défavorable, caractérisé par une escalade des tensions géopolitiques, notre analyse suggère que le nombre d’entreprises en difficulté financière ou de ménages qui seraient incapables de rembourser leurs dettes serait contenu. »
Gabriel Makhlouf, Gouverneur de la Banque centrale
Les récents tests de résistance menés auprès des banques irlandaises confirment leur capacité à faire face à un choc économique majeur et à continuer à soutenir l’économie.
« Comme l’illustrent les récents tests de résistance, le système bancaire national a la capacité d’absorber un choc économique grave et de continuer à soutenir l’économie dans son ensemble. »
Gabriel Makhlouf, Gouverneur de la Banque centrale
L’étude souligne également que la clarification des tarifs douaniers américains a contribué à améliorer les perspectives mondiales, mais que cette amélioration reste fragile et dépend du maintien des accords commerciaux actuels. Un nouveau cycle de tensions commerciales pourrait remettre en question ces avancées. L’incertitude économique demeure donc élevée, et il faudra du temps pour que les effets des nouveaux accords commerciaux se matérialisent. La stabilité des relations commerciales à moyen terme reste, selon M. Makhlouf, « incertaine ».
Enfin, la Banque centrale s’inquiète des faillites récentes de sociétés américaines comme Tricolor Holdings et First Brands Group, qui soulèvent des questions sur les pratiques de crédit des acteurs non bancaires sur les marchés du crédit privé.
Sur le front intérieur, la Banque centrale note une accélération de la croissance du crédit, tirée par le crédit hypothécaire, notamment pour les primo-accédants. Cette croissance s’accompagne d’une hausse des revenus, ce qui limite les risques. M. Makhlouf a précisé que le lien entre des pratiques de prêt non durables et les prix de l’immobilier, tel qu’il existait lors de la crise financière mondiale, n’est pas actuellement perceptible. La pénurie de logements est, selon lui, un facteur plus déterminant dans la hausse des prix. Concernant l’immobilier commercial, le marché intérieur montre des signes de stabilisation et les indicateurs de sentiment suggèrent une reprise progressive.
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