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Publié le 18 novembre 2025 04:03:00. Les deepfakes, ces fausses vidéos et enregistrements audio créés par intelligence artificielle, représentent une menace croissante pour les entreprises et les particuliers, allant bien au-delà du simple phishing et exploitant notre confiance instinctive dans ce que nous voyons et entendons.

  • Les deepfakes ciblent nos sens et notre confiance, rendant les fraudes plus sophistiquées et difficiles à détecter.
  • Un employé financier à Hong Kong a récemment transféré 25 millions de dollars (environ 23 millions d’euros) suite à un appel vidéo frauduleux impliquant des deepfakes de ses supérieurs.
  • Les entreprises doivent identifier leurs processus les plus vulnérables, adopter les bonnes technologies et former leurs employés pour se protéger contre cette menace.

Les escroqueries ont toujours évolué avec les avancées technologiques. De la falsification de documents à l’ère de l’imprimerie aux arnaques téléphoniques, en passant par le phishing sur internet, les fraudeurs ont toujours cherché de nouvelles façons de tromper leur monde. Aujourd’hui, une nouvelle menace émerge, bien plus insidieuse : les deepfakes.

Ces vidéos et enregistrements audio générés par l’intelligence artificielle (IA) atteignent un niveau de réalisme troublant. Ils exploitent notre perception et notre confiance, ce qui les rend particulièrement dangereux. Nombre d’organisations sous-estiment encore la gravité de cette menace, alors que le Mois de sensibilisation à la cybersécurité est l’occasion idéale d’en parler.

Pourquoi les deepfakes sont-ils différents des autres cybermenaces ?

Il est facile de considérer les deepfakes comme une évolution du phishing, une version 2.0. Cependant, ils vont bien au-delà. Les escroqueries traditionnelles par phishing jouent sur nos émotions – l’urgence, la peur, la curiosité. Les deepfakes, eux, s’attaquent à nos sens et à notre confiance instinctive dans ce que nous voyons et entendons.

L’affaire tristement célèbre de Hong Kong illustre parfaitement ce danger. Un employé financier a transféré 25 millions de dollars (environ 23 millions d’euros) après avoir participé à un appel vidéo avec son directeur financier – et six autres « collègues ». Or, chacun d’entre eux était un deepfake. Et ce n’étaient pas des vidéos préenregistrées ; les attaquants ont agi en temps réel.

Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est la simplicité de cette opération. N’importe qui disposant d’un ordinateur ou même d’un smartphone relativement performant peut créer un deepfake. La même technologie qui permet d’appliquer des filtres amusants sur les réseaux sociaux peut désormais être détournée pour imiter des personnes réelles. Aujourd’hui, il suffit de trois secondes pour cloner une voix de manière convaincante, et d’une seule bonne photo pour créer une vidéo réaliste.

Avec l’intégration croissante d’agents IA dans les interactions avec les clients et les employés, la frontière entre l’humain et la machine devient de plus en plus floue, ouvrant la voie à de nouvelles formes d’abus.

Le jeu du chat et de la souris dans la lutte contre les deepfakes

Il y a encore quelques années, la plupart des deepfakes étaient faciles à repérer : la synchronisation labiale était incorrecte, les yeux ne clignotaient pas naturellement. Ces temps sont révolus. Aujourd’hui, même les professionnels les plus expérimentés peuvent être dupés par un deepfake bien conçu.

C’est là que réside le défi : le classique jeu du chat et de la souris en matière de cybersécurité. À mesure que les défenses s’améliorent, les attaquants évoluent également. La technologie de détection des deepfakes progresse, tout comme celle permettant de les créer. Il est peu probable qu’une solution technologique puisse détecter à 100 % un deepfake. Cependant, les entreprises peuvent prendre des mesures pour se protéger.

Voici quelques recommandations :

  • Identifier les processus les plus vulnérables : les domaines les plus à risque incluent l’intégration des utilisateurs, la récupération de compte et les interactions avec le service d’assistance – en bref, tous les processus où l’on demande aux individus de confirmer leur identité.
  • Utiliser les bonnes technologies : aucune solution unique ne peut éliminer complètement les risques, mais les outils de vérification d’identité ciblant spécifiquement les deepfakes peuvent faire une grande différence. Des organisations comme NIST évaluent et classent ces outils.
  • Former et responsabiliser les employés : il est essentiel de sensibiliser les employés à cette menace et de les encourager à adopter un esprit critique, en particulier lors de transactions financières sensibles ou de vérifications d’identité.

Thales, par exemple, utilise la « détection d’activité » basée sur l’IA pour analyser de minuscules mouvements involontaires que même les meilleurs deepfakes ne peuvent pas reproduire, protégeant ainsi les sessions d’authentification et d’intégration.

Les deepfakes ne sont pas une mode passagère. Ils deviendront plus rapides, moins chers et plus réalistes. Il est donc crucial d’agir dès maintenant pour rendre les processus plus robustes, tester les défenses et instaurer une culture où la confiance se gagne, et ne se suppose pas.

La confiance est l’un des atouts les plus précieux d’une entreprise. À l’ère des deepfakes, la défendre est plus importante que jamais.

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Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.
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