Publié le 2024-05-14 18:32:00. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré ce mardi à la Maison Blanche le président américain Donald Trump, une première depuis le meurtre controversé du journaliste Jamal Khashoggi, dans un contexte de négociations sur la normalisation des relations entre Israël et l’Arabie saoudite et une possible vente d’avions de combat F-35 à Riyad.
- Donald Trump tente de convaincre l’Arabie saoudite de rejoindre les Accords d’Abraham, visant à normaliser les relations avec Israël.
- Mohammed ben Salmane espère obtenir l’approbation de Trump pour l’achat d’avions de combat F-35.
- Cette rencontre intervient malgré les critiques persistantes concernant le rôle du prince héritier dans la mort de Jamal Khashoggi.
La visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington marque un tournant dans les relations entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, après une période de tensions liées à l’affaire Khashoggi. Accueilli avec les honneurs réservés aux visites d’État, bien que son statut ne soit pas celui d’un chef d’État, le prince saoudien a eu un entretien privé avec Donald Trump, suivi d’un dîner de gala. Cette rencontre fait suite à un voyage de Trump à Riyad six mois plus tôt, où des accords de coopération en matière d’armement et d’investissements avaient été annoncés.
L’affaire Khashoggi, qui a terni l’image de l’Arabie saoudite sur la scène internationale, reste un point sensible. Jamal Khashoggi, chroniqueur du Washington Post, a été assassiné et démembré au consulat saoudien d’Istanbul en 2018 alors qu’il s’y rendait pour des démarches administratives liées à son mariage. La CIA a conclu que le prince Mohammed ben Salmane avait approuvé l’opération, une allégation que le prince a toujours niée. Donald Trump avait minimisé la responsabilité saoudienne après ce crime, privilégiant l’alliance avec Riyad. Son successeur, Joe Biden, avait initialement promis de traiter Ben Salman comme un « paria », mais a revu sa position en le rencontrant en Arabie saoudite en 2023, invoquant les intérêts stratégiques de Washington dans la région, notamment en matière d’approvisionnement énergétique.
Au cœur des discussions, la question des Accords d’Abraham, initiés sous l’administration Trump, vise à normaliser les relations entre Israël et plusieurs pays arabes. L’Arabie saoudite, dont l’adhésion à ces accords représenterait une transformation majeure des alliances régionales, a toujours conditionné sa participation à la création d’un État palestinien viable. L’administration Trump tente de convaincre Riyad que son plan pour Gaza, adopté lundi au Conseil de sécurité de l’ONU, et le cessez-le-feu actuel constituent une première étape dans cette direction, malgré l’opposition affichée d’Israël à la création d’un tel État.
Parallèlement, le prince héritier saoudien est venu à cette réunion avec une demande précise : l’autorisation de la part de Donald Trump pour l’achat d’avions de combat F-35, le plus avancé au monde. Le président américain a d’ailleurs déclaré lundi qu’il était disposé à approuver cette vente :
« Oui, je dirai que nous le ferons, que nous vendrons des F-35. »
Donald Trump, Président des États-Unis
Cependant, Washington reste prudent quant à cette transaction, craignant qu’elle ne déséquilibre les forces au Moyen-Orient et que la technologie sophistiquée des F-35 ne tombe entre les mains de la Chine, compte tenu des liens croissants entre Riyad et Pékin.