L’or attire de plus en plus d’investisseurs, porté par les inquiétudes grandissantes concernant la dédollarisation et la fragilité de l’économie américaine. Les analystes prévoient une hausse des prix, et les achats, particulièrement marqués en Inde, confirment un intérêt soutenu pour le métal précieux.
La crainte d’une instrumentalisation politique du dollar américain, même avec l’allègement récent de certains droits de douane, pousse les banques centrales, les gouvernements étrangers et les fonds souverains à diversifier leurs avoirs. Cette dédollarisation en cours alimente une demande accrue pour l’or, considéré comme une valeur refuge par excellence. « Il n’y a aucun prétendant à son puissant trône », souligne l’analyse, insistant sur le fait que l’or reste la monnaie suprême en période d’incertitude.
Par ailleurs, le marché du travail aux États-Unis est jugé fragile, l’essor de l’intelligence artificielle menaçant un nombre croissant d’emplois plus rapidement que prévu. Bien que les dépenses publiques n’aient pas été significativement réduites, leur stagnation pourrait peser sur la croissance économique. De plus, la progression des salaires reste inférieure à l’inflation, ce qui pourrait inciter les investisseurs à se tourner vers l’or.
L’Inde se distingue comme le principal acheteur d’or en cas de baisse des prix, avec des achats importants liés aux festivités de Diwali en octobre et aux remises de 10 %. Les analystes anticipent que si le prix de l’or venait à se rapprocher de 3 500 $ (environ 3 260 €), les investisseurs indiens, surnommés les « titans de tonne », pourraient déclencher une véritable frénésie d’achat, entraînant dans son sillage les investisseurs occidentaux.
Sur le plan technique, l’or présente un schéma triangulaire significatif, laissant présager une consolidation de la tendance haussière actuelle. Cependant, un signal de vente émis par le stochastique (14, 7, 7) tempère cet optimisme. Un autre indicateur, un modèle en « H&S inverse » sur un graphique à quatre heures, suggère une possible rupture à la hausse si le prix reste au-dessus de 4 000 $ (environ 3 740 €).
L’argent, quant à lui, semble également offrir des opportunités intéressantes, avec une fourchette de négociation entre 46 $ et 54 $ (environ 42 € et 50 €) et un modèle en « H&S inverse » prometteur. Une cassure au-dessus de 54 $ pourrait propulser le prix de l’argent vers 63 $ (environ 58 €), voire 80 $ (environ 74 €) et 100 $ (environ 93 €) si l’or dépasse les 4 400 $ (environ 4 100 €).
Enfin, le secteur minier, représenté par l’indice CDNX, montre des signes d’amélioration. Malgré une pression exercée par la volatilité des marchés boursiers, le repli du CDNX s’est produit dans une zone d’achat clé (entre 900 et 1 100 points). L’accélération des procédures d’approbation de projets miniers majeurs par le Bureau des Grands Projets canadiens (« MPO ») stimule la concurrence entre les jeunes entreprises minières et pourrait entraîner une hausse des actions du CDNX, ainsi que des ETF et du GDX.
Le GDX, un ETF représentant les actions de sociétés aurifères, présente un schéma en « tasse et anse » particulièrement prometteur. Les investisseurs peuvent envisager d’acheter près de 67 $ (environ 62 €) ou lors d’une cassure au-dessus de 85 $ (environ 79 €), avec la perspective de gains importants.