Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

Trump sanctionne un choc « brut » ! Les expéditions de pétrole russe vers l’Inde chutent de 66 % ; les experts s’attendent à une « baisse notable » à court terme

Les sanctions américaines à l'encontre de deux géants pétroliers russes commencent à peser sur les importations indiennes de brut, entraînant une baisse significative des livraisons et une complexification des stratégies logistiques. En novembre, les expéditions de pétrole brut…

Trump sanctionne un choc « brut » ! Les expéditions de pétrole russe vers l’Inde chutent de 66 % ; les experts s’attendent à une « baisse notable » à court terme

Les sanctions américaines à l’encontre de deux géants pétroliers russes commencent à peser sur les importations indiennes de brut, entraînant une baisse significative des livraisons et une complexification des stratégies logistiques.

En novembre, les expéditions de pétrole brut russe vers l’Inde ont chuté de 66 %, passant d’une moyenne de 1,88 million de barils par jour (b/j) en octobre à 672 000 b/j entre le 1er et le 17 novembre, selon les données de Kpler, un fournisseur d’analyses en temps réel. Cette diminution intervient après l’annonce de sanctions par l’administration américaine contre Rosneft et Lukoil, qui entreront en vigueur le 21 novembre.

L’impact se fait également sentir sur les exportations globales de la Russie, qui ont reculé de 28 % à 2,78 millions de b/j en novembre. La Chine et la Turquie, qui réceptionnaient collectivement 90 % du brut russe en octobre, ont également enregistré des baisses : les livraisons vers la Chine ont diminué de 47 % à 624 000 b/j, tandis que celles vers la Turquie ont plongé de 87 % à 43 000 b/j.

À ce stade, environ 50 % des pétroliers ayant quitté les ports russes n’ont pas de destination finale définie, ce qui témoigne des difficultés rencontrées pour trouver des acheteurs et des itinéraires conformes aux sanctions. Les raffineries indiennes, particulièrement prudentes, ont réduit leurs nouvelles commandes tout en accélérant les expéditions en cours pour respecter les délais.

Selon Sumit Ritolia, analyste chez Kpler, « l’activité récente des pétroliers suggère un changement notable dans le comportement commercial du brut russe, marqué par des détournements à mi-voyage entre l’Inde et la Chine et des transferts de navire à navire dans des endroits inhabituels tels que au large des côtes de Mumbai, loin des zones de transfert typiques près du détroit de Singapour. » Ces évolutions reflètent l’adaptation des exportateurs russes face au renforcement des sanctions occidentales.

Les réseaux de transport pétrolier russes recourent de plus en plus à des méthodes opaques, notamment l’utilisation de navires sanctionnés ou de pétroliers « fantômes » pour acheminer le brut avant de le transférer vers des navires autorisés à accoster dans les ports indiens. En octobre, les pétroliers sanctionnés ont transporté 44 % du brut russe, selon le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur, basé à Helsinki.

Les experts prévoient une nouvelle baisse significative des importations indiennes de brut russe dans les mois à venir, en particulier en décembre et janvier. Les raffineurs indiens devraient adopter des approches plus prudentes, en recourant à des intermédiaires non autorisés, à des produits mélangés et à une logistique complexe pour minimiser les risques liés aux sanctions américaines. L’approvisionnement russe se poursuivra, mais de manière moins transparente.

Les sanctions imposées à Rosneft et Lukoil affectent environ 3 millions de barils de livraisons quotidiennes, dont un tiers était destiné à l’Inde. Plusieurs raffineurs indiens ont d’ores et déjà annoncé leur intention d’éviter toute transaction avec les entités sanctionnées. L’objectif de l’administration américaine est de réduire les revenus de Moscou et d’affaiblir ses capacités militaires en Ukraine. Parallèlement, les négociations commerciales bilatérales entre New Delhi et Washington ont intégré l’énergie comme un enjeu de discussion majeur, avec la récente conclusion d’un accord pour l’achat de gaz naturel liquéfié (GNL) américain par des entreprises publiques indiennes, couvrant environ 10 % des besoins d’importation du pays.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.