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Perspectives sur les taux : un œil sur le sentiment du risque

La nervosité des marchés boursiers a entraîné une modification de la courbe des taux d'intérêt, tandis que l'appétit pour la dette américaine reste soutenu. Les investisseurs semblent anticiper une possible détente monétaire de la part de la Réserve…

Perspectives sur les taux : un œil sur le sentiment du risque

La nervosité des marchés boursiers a entraîné une modification de la courbe des taux d’intérêt, tandis que l’appétit pour la dette américaine reste soutenu. Les investisseurs semblent anticiper une possible détente monétaire de la part de la Réserve fédérale américaine, malgré des signaux mitigés.

La baisse des actions a exercé une pression à la hausse sur les taux, avec une accentuation de la pente de la courbe des rendements, les échéances intermédiaires affichant une légère surperformance. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans se maintient autour de 4,1 %, restant bien au-dessus du seuil de 4 % franchi après les récentes déclarations prudentes du président de la Fed, Jerome Powell, concernant de potentielles baisses de taux lors de la dernière réunion du Comité fédéral de l’Open Market (FOMC).

Néanmoins, les marchés estiment que les chances d’une réduction des taux par la Fed en décembre augmentent, bien que cette probabilité reste incertaine. Cette évolution fait suite à un ralentissement des créations d’emplois, suggérant une possible révision à la baisse des chiffres d’octobre, qui avaient initialement fait état de gains d’emploi.

En Europe, le taux swap à 10 ans, à 2,75 %, demeure relativement élevé depuis l’annonce des dépenses publiques allemandes. Cependant, les obligations d’État allemandes (Bunds) ont progressivement gagné du terrain ces derniers jours, avec un rendement à 10 ans désormais inférieur de 5 points de base au taux swap. Cette dynamique reflète une demande accrue de couverture sur les marchés d’actions, le VIX (indice de volatilité) atteignant des niveaux observés en octobre.

La modification de la pente de la courbe des taux d’intérêt pour les échéances les plus longues a été particulièrement notable. Elle est liée à l’annonce que le fonds de pension néerlandais pour le secteur de la santé, PFWZ, a reçu l’approbation de la Banque centrale des Pays-Bas pour passer à un nouveau système de retraite à cotisations définies à partir du 1er janvier 2026. L’extrémité longue de la courbe s’est avérée sensible aux nouvelles concernant cette transition, en particulier pour les fonds les plus importants qui doivent effectuer cette transition en 2026.

Les dernières données du Trésor américain (TIC) révèlent un intérêt continu pour la dette américaine. Les afflux de capitaux vers les États-Unis ont été massifs en août et septembre (avec un certain retard dû à la fermeture administrative), atteignant plus de 300 milliards de dollars sur ces deux mois, après environ 450 milliards de dollars au cours des trois mois précédents, remontant à mai. À l’exception d’une sortie de capitaux de 24 milliards de dollars en avril, les flux ont été constamment positifs pour les États-Unis.

Les achats d’obligations montrent que les investisseurs étrangers ont acquis pour 126 milliards de dollars de titres américains nets sur les deux mois, malgré une sortie nette de 14 milliards de dollars en septembre. Le Canada et le Japon ont été les principaux acheteurs en août et septembre, tandis que les banques centrales ont également été acheteurs nets. La Chine a été un acheteur net modeste, tandis que le Royaume-Uni, le Brésil, l’Inde et la France ont été les principaux vendeurs.

Le Japon reste le plus grand détenteur de bons du Trésor américain, avec environ 1 120 milliards de dollars, suivi du Royaume-Uni (un peu moins de 900 milliards de dollars) et de la Chine (un peu moins de 700 milliards de dollars). Bien que la Chine reste un vendeur net important, elle a été un acheteur modéré au cours des deux derniers mois. Au total, les investisseurs étrangers détiennent 33,9 % des bons du Trésor américain (données jusqu’en juin), contre 33,2 % au début de l’année.

Après une brève période de ventes en avril, on observe un retour marqué à l’achat de dette américaine.

Événements du mercredi et perspectives du marché

Au Royaume-Uni, l’attention se portera sur la publication des chiffres de l’inflation. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a indiqué qu’il pourrait voter en faveur d’une hausse des taux d’intérêt en décembre, à moins que l’inflation ne montre des signes de ralentissement. Les prévisions suggèrent un léger ralentissement de l’inflation sous-jacente à 3,4 % en octobre (contre 3,5 % le mois précédent) et une baisse de l’inflation globale à 3,5 % (contre 3,8 %).

En dehors de la zone euro, les chiffres définitifs de l’inflation d’octobre seront publiés. Aux États-Unis, les données sur les permis de construire et les mises en chantier pourraient être retardées. La publication du compte rendu de la réunion du FOMC de fin octobre est également prévue, ainsi que des interventions de plusieurs responsables de la Fed, dont Mary Daly, Thomas Barkin et John Williams.

En termes d’émissions, le Royaume-Uni mettra aux enchères 4,5 milliards de livres sterling (environ 5,2 milliards d’euros) de dette. Aux États-Unis, le Trésor vendra 16 milliards de dollars (environ 14,7 milliards d’euros) de nouveaux titres.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.