Publié le 19 novembre 2025 à 21h35. Des complots terroristes du Hamas, récemment déjoués en Europe, auraient été planifiés au Qatar et potentiellement en Turquie, selon des informations révélées par le Mossad. L’enquête met en lumière un réseau de soutien et de financement du groupe palestinien sur le continent.
- Le Mossad affirme avoir collaboré avec les services de renseignement européens pour démanteler des cellules terroristes du Hamas.
- Des armes, destinées à des attaques contre des cibles civiles, ont été saisies en Allemagne et en Autriche.
- L’enquête pointe vers un possible rôle de dirigeants du Hamas basés au Qatar et en Turquie dans la planification de ces opérations.
Des enquêtes menées conjointement par le Mossad et les services de renseignement européens ont permis de déjouer plusieurs complots terroristes attribués au Hamas. L’agence de renseignement israélienne a annoncé mercredi avoir identifié le Qatar et, potentiellement, la Turquie comme des lieux de planification de ces attaques. Des suspects ont été arrêtés et des armes ont été saisies, destinées, selon les autorités, à être utilisées par des cellules du Hamas pour cibler des civils innocents.
Récemment, la police allemande a procédé à l’arrestation d’un ressortissant britannique soupçonné d’être impliqué dans la planification d’attaques contre des cibles juives en Allemagne. L’homme, âgé de 39 ans, a été arrêté à Londres sur la base d’un mandat émis par les autorités allemandes. Son contact à Berlin, un citoyen allemand identifié comme Abed Al G., est considéré comme l’un des trois « agents » présumés du Hamas arrêtés en octobre dernier. Lors de ces arrestations, les forces de l’ordre ont saisi un fusil d’assaut de type AK-47, des pistolets et des munitions. Le Hamas a nié tout lien avec les trois individus.
L’enquête a également révélé qu’un suspect avait transporté cinq armes de poing et des munitions à Vienne, où elles ont été stockées. Les armes ont été saisies par le DSN, le service de renseignement autrichien, dans le cadre d’une enquête sur « une organisation terroriste active à l’échelle mondiale et ayant des liens étroits » avec le Hamas, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur autrichien. Le Mossad avait déjà indiqué avoir participé à cette enquête.
Selon le Mossad, les armes appartenaient à Muhammad Na’im, un membre du Hamas dont le père, Basem Na’im, est un haut responsable du bureau politique du Hamas basé à Gaza. Muhammad Na’im aurait rencontré son père au Qatar en septembre dernier. « Le calendrier de cette rencontre suggère une possible implication des dirigeants du Hamas dans l’autorisation et la direction des activités terroristes en Europe », a déclaré le Mossad, tout en soulignant que les démentis catégoriques de ces dirigeants pourraient indiquer une perte de contrôle sur leurs agents.
L’enquête se penche également sur la possibilité que des membres du Hamas en Turquie aient joué un rôle dans l’organisation des attaques. Il y a un an, Burhan al-Khatib, un individu présumé lié au Hamas, avait été arrêté en Allemagne après un séjour en Turquie.
Le Mossad a souligné que la coopération européenne dans la lutte contre la menace terroriste du Hamas témoigne d’une « reconnaissance internationale croissante du danger que représente le groupe et de la détermination à contrecarrer toute activité du Hamas sur leur territoire ». Israël affirme que, depuis les attentats du 7 octobre 2023, le Hamas s’est concentré sur le développement de son réseau terroriste en Europe.
Le Hamas a réfuté toute implication dans les arrestations en Allemagne, qualifiant les accusations de « non fondées » et affirmant que sa lutte se limitait à la résistance à l’occupation israélienne en Palestine.
En février, quatre membres du Hamas soupçonnés de planifier des attaques contre des institutions juives en Europe ont été jugés à Berlin, dans ce qui a été décrit comme le premier procès de terroristes du Hamas en Allemagne. Le Hamas est considéré comme une organisation terroriste par l’Union européenne et plusieurs autres pays, dont les États-Unis.
Le groupe terroriste dispose de plusieurs bureaux politiques au Qatar et en Turquie, où ses dirigeants bénéficient d’un cadre de vie luxueux depuis des années. Le bureau du Hamas à Doha a été la cible d’une frappe aérienne israélienne infructueuse en septembre, visant à éliminer plusieurs hauts responsables du groupe.