Publié le 2024-11-20 00:41:00. Cuba est confrontée à une crise énergétique majeure, marquée par des pannes d’électricité généralisées et une diminution drastique des importations de carburant, fragilisant davantage une économie déjà en difficulté.
- Les importations de pétrole et de carburant ont chuté de 35 % entre janvier et octobre 2024.
- Les livraisons du Mexique ont été particulièrement affectées, avec une baisse de 73 %.
- Les coupures de courant peuvent atteindre neuf heures consécutives à La Havane et sont encore plus longues dans les provinces éloignées.
La situation énergétique à Cuba se détériore rapidement, plongeant l’île dans une crise qui affecte tous les aspects de la vie quotidienne. La réduction des approvisionnements en pétrole et en carburant, essentiels au fonctionnement des centrales électriques, a entraîné une augmentation spectaculaire des coupures de courant à travers tout le pays.
Selon des données du trafic maritime et des documents commerciaux examinés par des sources indépendantes, les expéditions de pétrole brut et de dérivés en provenance du Venezuela et du Mexique, principaux fournisseurs du régime de Miguel Díaz-Canel, ont connu une baisse significative ces derniers mois. Les importations totales de pétrole, de gaz liquéfié et de carburants ont diminué de 35 % entre janvier et octobre 2024, par rapport à la même période l’année précédente.
La baisse la plus marquée est venue du Mexique, dont les livraisons ont chuté de 73 %, passant de 18 800 barils par jour à seulement 5 000. Les exportations vénézuéliennes vers Cuba, traditionnellement un pilier énergétique pour le régime, ont également diminué, de près de 15 %, notamment en ce qui concerne les flux de fioul indispensables à la production d’électricité.
La compagnie nationale d’électricité a signalé ce mercredi une déconnexion de près de 900 mégawatts de capacité en raison du manque d’intrants, ce qui représente environ un tiers de la demande quotidienne d’électricité à Cuba. À La Havane, les coupures de courant peuvent désormais atteindre neuf heures consécutives, tandis que dans les provinces plus isolées, la population n’a accès à l’électricité que pendant deux à quatre heures par jour.
Ces pannes prolongées ont des conséquences désastreuses sur la vie quotidienne des Cubains. « Il est très difficile de rentrer de l’université sans savoir si l’on pourra cuisiner ou étudier, car la lumière ne revient souvent qu’à l’aube », témoigne Daniela Castillo, étudiante à La Havane.
Le régime cubain impute cette crise à la pénurie de carburant, à la détérioration des infrastructures et à l’impact récent de l’ouragan Melissa. Cependant, l’économie cubaine dépend fortement des importations en raison de plusieurs années de difficultés économiques. Le pays ne peut pas satisfaire seul sa demande intérieure en carburant et a un accès limité au financement sur les marchés internationaux, ce qui le rend dépendant de ses alliés politiques pour son approvisionnement énergétique.
Par ailleurs, le Mexique, à travers sa société d’État Pemex, a privilégié les clients offrant des garanties de paiement, réduisant ainsi ses ventes de pétrole brut léger Olmeca, particulièrement adapté aux raffineries cubaines obsolètes. Au Venezuela, PDVSA a également réduit ses expéditions et donné la priorité à l’approvisionnement du marché intérieur, en raison de nouvelles exigences réglementaires et opérationnelles liées aux sanctions américaines.
La situation est aggravée par la pénurie de navires, qui retarde les rares expéditions arrivant dans les ports d’origine. La Russie, qui était une source alternative par le passé, n’a effectué que quelques livraisons marginales cette année, en quantités insuffisantes pour inverser la tendance. Au total, Cuba a reçu un flux total de 45 400 barils de pétrole brut et de dérivés par jour, contre 69 400 au cours des dix premiers mois de 2024.
Alors que les pannes de courant se multiplient et que les tensions sociales s’intensifient, le régime cubain cherche activement de nouveaux accords d’approvisionnement, malgré le manque de liquidités et sa mauvaise réputation en matière de crédit, qui entravent toute alternative concrète sur les marchés internationaux.
Sur le même sujet