Publié le 20 novembre 2023. Un carabao, buffle d’eau domestique aux Philippines, a été sauvé de l’abattoir grâce à la mobilisation sur les réseaux sociaux, illustrant une prise de conscience croissante envers le bien-être animal.
- Un étudiant philippin a lancé un appel sur TikTok pour sauver un vieux carabao destiné à l’abattage.
- Plus de 50 000 pesos (environ 1 100 dollars singapouriens) ont été collectés en quelques jours grâce à la générosité d’internautes.
- L’histoire souligne la condition souvent difficile des animaux de travail aux Philippines et la nécessité de les protéger.
Aux Philippines, le carabao est bien plus qu’un simple animal : il est un symbole de la vie rurale et un partenaire essentiel pour les agriculteurs. Pendant plus de 32 ans, un carabao en particulier a labouré les rizières et transporté de lourdes charges pour son propriétaire. Mais l’âge et la fatigue ont eu raison de lui, et son propriétaire, contraint par des difficultés financières, s’apprêtait à l’envoyer à l’abattoir.
C’est Jezreel Beoncio, un étudiant de 21 ans, qui a découvert le sort réservé à l’animal. Il devait le transporter d’une ferme de Bongabong, dans la province de Mindoro Oriental, vers un abattoir. Touché par la situation, il a décidé de partager l’histoire sur TikTok, espérant sensibiliser le public. Il raconte avoir vu le propriétaire en larmes, conscient de la séparation imminente.
« J’adore ce carabao, mais je ne suis pas un homme riche. »
Propriétaire du carabao
Beoncio explique que le propriétaire lui avait confié que ce carabao lui avait permis d’élever ses cinq enfants grâce à son travail acharné. Il a partagé son témoignage le 12 novembre, sans imaginer l’ampleur que prendrait son message. En quelques jours, la vidéo a été visionnée près de 3 millions de fois, déclenchant une vague de solidarité.
Des internautes du monde entier ont proposé d’envoyer de l’argent pour racheter l’animal. Beoncio, surpris par cette réaction, a finalement réussi à réunir 50 000 pesos (1 100 dollars singapouriens) et a pu acheter le carabao à son propriétaire juste avant son abattage. Une personne s’était même proposée de l’adopter, mais a finalement renoncé, invoquant des contraintes personnelles.
Pour l’heure, Beoncio s’occupe du carabao, mais il espère trouver une famille d’accueil définitive. « Je peux le garder, mais je ne suis qu’un étudiant et je ne peux pas subvenir à tous ses besoins », confie-t-il. L’histoire a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, notamment sur la page Facebook du groupe Bataan Animal Welfare, qui dénonce l’indifférence envers les animaux de travail.
« Selon les normes humaines, ce carabao serait déjà considéré comme un ‘citoyen âgé’ qui mérite ‘le respect, la protection et un repos bien mérité’. Mais comme il ne s’agit que d’un ‘animal’, certains pensent encore qu’il est normal qu’il finisse dans un abattoir pour être vendu au kilo. Ce n’est pas juste. Ce n’est pas humain. »
Bataan Animal Welfare
Le carabao, surnommé le « tracteur vivant » des Philippines, joue un rôle crucial dans l’agriculture du pays, labourant les rizières et transportant les récoltes dans les zones rurales. Sa force et sa robustesse en font un allié indispensable pour de nombreux agriculteurs, mais sa condition est souvent précaire une fois qu’il n’est plus capable de travailler.