Publié le 21 novembre 2025 à 06h22. L’administration américaine proposerait à l’Ukraine un plan de paix controversé impliquant des concessions territoriales et une réduction significative de ses forces armées, suscitant l’opposition de certains alliés européens qui y voient une capitulation. Le président Zelensky a exprimé sa volonté de collaborer avec Washington sur ce projet, tout en maintenant une position ferme sur la souveraineté ukrainienne.
- Les États-Unis proposent un plan de paix à l’Ukraine impliquant la reconnaissance de facto de l’annexion russe de la Crimée, de Louhansk et de Donetsk.
- Ce plan prévoit également une réduction de l’armée ukrainienne à 600 000 hommes et la conclusion d’un accord de non-agression avec la Russie.
- Les alliés européens, notamment la France, rejettent toute concession territoriale punitive envers la Russie.
Selon des sources proches de l’administration américaine, un plan de paix détaillé a été soumis à l’Ukraine, après des discussions avec Rustem Umerov, un haut responsable ukrainien. Ce projet, dont les détails ont été révélés par Reuters, stipule que l’Ukraine devrait abandonner toute prétention sur la région du Donbass et réduire considérablement ses capacités militaires. En échange, Kiev bénéficierait de “solides garanties de sécurité”, dont les modalités restent floues.
Le président Zelensky a rencontré le secrétaire à l’armée américaine, Daniel Driscoll, à Kiev, et a affirmé être prêt à travailler “honnêtement” avec les États-Unis sur certains aspects de ce plan.
« Nos équipes – l’Ukraine et les États-Unis – travailleront sur les points du plan visant à mettre fin à la guerre. Nous sommes prêts à un travail constructif, honnête et rapide. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Son bureau a indiqué avoir reçu une ébauche du plan et s’être engagé à examiner les propositions.
Cependant, ce plan suscite de vives inquiétudes parmi les alliés européens. Lors d’une réunion à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont clairement indiqué qu’ils ne seraient pas favorables à des concessions territoriales punitives envers la Russie.
« Les Ukrainiens veulent la paix, une paix juste qui respecte la souveraineté de chacun, une paix durable qui ne peut être remise en question par une future agression. Mais la paix ne peut pas être une capitulation. »
Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères
Le plan américain prévoit également la réintégration de la Russie dans l’économie mondiale, avec une levée progressive des sanctions, ainsi que son invitation à rejoindre le G8. Un accord énergétique entre les États-Unis et la Russie serait également conclu, portant sur l’exploitation des ressources naturelles dans l’Arctique. Selon Karoline Leavitt, la secrétaire de presse de la Maison Blanche, ce plan vise à trouver une solution “gagnant-gagnant” après cinq ans de conflit dévastateur. Plus d’informations sur RTE.
Parallèlement, l’administration américaine semble explorer d’autres pistes diplomatiques, notamment en envisageant des discussions avec l’ancien président Donald Trump. Le bureau de M. Zelensky a annoncé que le président ukrainien compte discuter avec M. Trump des opportunités de paix existantes.
La situation sur le terrain reste tendue. Le Kremlin a minimisé toute nouvelle initiative américaine, affirmant qu’aucune consultation n’est en cours. Les forces russes continuent leur avancée, notamment dans la région de Koupiansk, bien que ces affirmations soient contestées par l’armée ukrainienne. Voir la vidéo sur RTE.
L’accélération de la diplomatie américaine intervient dans un contexte difficile pour l’Ukraine, confrontée à des revers militaires et à un scandale de corruption qui a conduit au limogeage de deux ministres.
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