Publié le 21 novembre 2023 08:18:00. Après 16 ans de bataille juridique, un homme de l’Ontario a perdu son recours pour récupérer plus d’un million de dollars canadiens qu’il avait dissimulés dans sa propriété, l’argent étant considéré par les tribunaux comme provenant probablement d’activités illégales.
- Un résident de Thunder Bay a vu sa tentative de récupérer 1,2 million de dollars canadiens (environ 900 000 $ US au taux actuel) échouer.
- L’argent avait été découvert par la police lors d’une perquisition en 2009, initialement menée pour rechercher une arme à feu.
- Les tribunaux ont finalement statué que Marcel Breton n’avait pas pu justifier la provenance légale des fonds.
Marcel Breton, originaire de la région de Thunder Bay, en Ontario, a subi un revers judiciaire majeur. Une cour d’appel de l’Ontario a confirmé la décision de 2023 qui ordonnait la confiscation de la majeure partie de l’argent découvert sur sa propriété en décembre 2009. L’histoire, qui a débuté par une enquête sur une arme illégale, a pris une tournure inattendue lorsque les policiers ont mis la main sur une somme considérable de billets cachés dans des endroits insolites.
Lors de la perquisition, les forces de l’ordre ont trouvé 15 000 dollars canadiens dans les conduits de chauffage au sol, environ 32 000 dollars dans le garage, et plus d’1,2 million de dollars canadiens enfouis dans un bac en caoutchouc sous le garage. La découverte a laissé la police « sidérée », selon les médias canadiens de l’époque. En 2009, la valeur totale de cette somme atteignait 1,19 million de dollars américains.
Breton a initialement été accusé de possession de produits du crime, mais a été acquitté après avoir contesté la légalité de la perquisition. La question de la propriété de l’argent est alors devenue centrale. Il a affirmé avoir gagné cet argent à la loterie, au casino ou grâce à son entreprise de réparation automobile, mais le juge de première instance, Bruce Fitzpatrick, n’a pas cru à ses explications. Le juge a souligné qu’il était « inhabituel pour une personne moyenne d’avoir une telle somme d’argent enfouie sous sa propriété ».
De plus, l’analyse des billets a révélé que la coupure la plus courante était le billet de 20 dollars canadiens, une valeur souvent associée au trafic de drogue. Les documents judiciaires indiquent également que Breton n’avait déclaré aucun revenu à l’Agence du revenu du Canada entre 2001 et 2008.
Sanaa Ahmed, professeure adjointe de droit à l’Université de Calgary, décrit cette affaire comme un exemple de « formalisme judiciaire ».
Elle ajoute que la société est de plus en plus encline à justifier des transgressions de règles pour « attraper les soi-disant ‘méchants’ », au détriment du respect des principes fondamentaux du droit.« Face à de tels faits, les tribunaux trouvent souvent des moyens de justifier la confiscation de l’argent et ainsi de « punir » les accusés, même s’ils auraient pu être acquittés autrement »,
Sanaa Ahmed, professeure adjointe de droit à l’Université de Calgary
Michelle Gallant, professeure de droit à l’Université du Manitoba, souligne que la charge de la preuve incombe à Breton pour démontrer l’origine légale de l’argent, compte tenu du fait que « l’argent liquide est la monnaie des drogues illégales ».
« Quelle source légitime pourrait se trouver à l’origine des dollars mis dans un baril et enterrés ? Pourquoi les enterrer ? Chaque jour, au minimum, vous encaisseriez même des intérêts »,
Michelle Gallant, professeure de droit à l’Université du Manitoba
La cour d’appel a toutefois confirmé que Breton pouvait conserver les 15 000 dollars canadiens découverts dans les bouches d’aération, le juge n’étant pas en mesure d’exclure une origine légale pour cette somme (environ 10 600 $ au taux actuel).