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Publié le 21 novembre 2025 à 11h17. Une plainte a été déposée auprès de la justice italienne contre le président serbe Aleksandar Vučić, l’accusant d’implication dans des exécutions de civils à Sarajevo durant le siège de la ville dans les années 1990, par des tireurs d’élite venus de plusieurs pays.

  • Un journaliste d’investigation croate a porté plainte contre Aleksandar Vučić pour son rôle présumé dans le recrutement de « touristes tireurs d’élite ».
  • Une enquête est en cours à Milan pour identifier les Italiens impliqués dans ces accusations de meurtres aggravés.
  • Des témoignages et un documentaire relancent les soupçons sur la présence de Vučić à Sarajevo pendant le conflit.

La justice italienne a ouvert une enquête sur des allégations de « tourisme de sniper » durant la guerre de Bosnie, après le dépôt d’une plainte contre le président serbe Aleksandar Vučić. Le journaliste d’investigation croate Domagoj Margetić accuse M. Vučić d’avoir été présent à Sarajevo pendant le siège de la ville, et d’avoir facilité l’arrivée de tireurs d’élite étrangers qui auraient tué des civils pour le simple plaisir.

Selon les enquêteurs milanais, des groupes de « touristes tireurs d’élite » auraient versé d’importantes sommes d’argent à des soldats de l’armée de Radovan Karadžić – le chef serbe de Bosnie reconnu coupable de génocide et de crimes contre l’humanité en 2016 – pour être transportés dans les collines entourant Sarajevo et pouvoir ainsi prendre pour cible les habitants de la ville. Plus de 10 000 personnes ont péri à Sarajevo entre 1992 et 1996, victimes des bombardements et des tirs de snipers, faisant de ce siège l’un des plus longs de l’histoire moderne, survenu après la déclaration d’indépendance de la Bosnie-Herzégovine vis-à-vis de la Yougoslavie.

L’enquête a été initiée suite à une plainte déposée par Ezio Gavazzeni, un écrivain milanais qui a rassemblé des preuves sur ces allégations, ainsi qu’à un rapport transmis aux procureurs par l’ancienne maire de Sarajevo, Benjamina Karić. M. Gavazzeni a déclaré avoir pris conscience de l’ampleur de ces accusations après avoir visionné le documentaire Safari à Sarajevo, réalisé en 2022 par le cinéaste slovène Miran Zupanič.

Nicola Brigida, l’avocat qui a assisté M. Gavazzeni dans la préparation de son dossier, a souligné que les preuves accumulées sont solides et pourraient conduire à une enquête approfondie pour identifier les responsables. Il a également mentionné l’existence du rapport de l’ancienne maire de Sarajevo.

« Les preuves accumulées après une longue enquête [par M. Gavazzeni] sont bien étayées et pourraient donner lieu à une enquête sérieuse pour identifier les coupables. Il y a aussi le rapport de l’ancienne maire de Sarajevo. »

Nicola Brigida, avocat

M. Gavazzeni affirme que « de très nombreux Italiens » auraient été impliqués, sans pour autant pouvoir chiffrer leur nombre. Les procureurs de Milan cherchent à identifier les ressortissants italiens impliqués dans des accusations de meurtre volontaire aggravé par la cruauté et des motifs abjects. Il évoque également la présence d’Allemands, de Français et d’Anglais, attirés par la perspective de participer à ces macabres « safaris ». Il décrit ces individus comme des personnes fortunées, motivées par le plaisir et la satisfaction personnelle, comparant leur comportement à celui de chasseurs.

M. Gavazzeni explique que les suspects italiens se rendaient d’abord à Trieste, dans le nord de l’Italie, avant de se diriger vers Belgrade, où ils étaient pris en charge par des soldats serbes de Bosnie qui les accompagnaient jusqu’aux collines surplombant Sarajevo. Il dénonce un véritable « trafic de touristes de guerre » et qualifie cette pratique d’« indifférence face au mal ».

Aleksandar Vučić n’a pas encore réagi à ces nouvelles accusations. Cependant, des rumeurs concernant sa présence à Sarajevo pendant le siège circulent depuis des années. En 2021, lors d’une interview accordée à une chaîne de télévision bosnienne, le président serbe a nié avoir tiré sur la ville assiégée, dénonçant ces allégations comme une manipulation politique enracinée dans la rhétorique nationaliste de sa jeunesse et dans les équilibres de pouvoir fragiles de la région.

Des agences ont contribué à cet article.

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Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.
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