Publié le 24 novembre 2025. L’association Surfrider Foundation tire la sonnette d’alarme face à un projet fédéral qui pourrait rouvrir de vastes zones côtières américaines à l’exploration pétrolière et gazière offshore, menaçant des écosystèmes fragiles et des économies locales florissantes.
- Un nouveau plan quinquennal de location de terrains marins pourrait autoriser le forage en Californie, dans le golfe du Mexique, au large de la Floride et même dans l’Arctique.
- Les secteurs liés à l’océan – tourisme, loisirs, pêche – génèrent 250 milliards de dollars et 3,3 millions d’emplois aux États-Unis, surpassant largement l’industrie pétrolière offshore en termes d’impact économique.
- Plus de 400 municipalités, 2 500 élus et un demi-million de familles de pêcheurs se sont déjà opposés à ces nouvelles explorations.
La Surfrider Foundation dénonce un projet qui met en péril les côtes américaines et les activités économiques qui en dépendent. Le projet de programme quinquennal de location du plateau continental extérieur (2026-2031) envisagé par l’administration américaine pourrait ouvrir à l’exploitation pétrolière et gazière des zones jusqu’alors protégées, notamment en Californie, dans le golfe du Mexique – y compris des eaux au large de la Floride – et dans le Haut-Arctique, une région où le forage n’a jamais été tenté en raison des risques considérables.
Selon l’association, les enjeux sont considérables pour les communautés côtières, les surfeurs et l’ensemble de l’économie océanique. Les risques liés à de nouvelles explorations dépassent largement les bénéfices potentiels.
« Ce plan menace nos côtes, nos spots de surf et les économies côtières qui dépendent d’une eau propre », déclare le PDG de Surfrider, le Dr Chad Nelsen. « Les nouveaux baux nuiront aux communautés et augmenteront les risques d’un autre déversement catastrophique. Nous appelons le président et le Congrès à rejeter les nouveaux forages offshore, point final. »
Dr Chad Nelsen, PDG de Surfrider Foundation
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les activités côtières, le tourisme et la pêche contribuent à hauteur de 250 milliards de dollars (environ 230 millions d’euros) et génèrent 3,3 millions d’emplois aux États-Unis. Dans la plupart des régions côtières, et notamment dans le golfe du Mexique, ces secteurs d’activité liés à l’océan dépassent largement l’industrie pétrolière offshore en termes d’emplois et de valeur économique.
Surfrider souligne également que les États-Unis n’ont pas besoin de nouveaux baux offshore. Les entreprises pétrolières disposent déjà de plus de 1 800 permis de forage inutilisés. De plus, selon le ministère de l’Énergie américain, l’ouverture de nouvelles plateformes offshore n’entraînerait pas de baisse significative des prix du gaz, ces derniers étant fixés par les marchés mondiaux et non par les décisions prises en Californie ou en Floride.
Le soutien du public à la protection des eaux américaines est massif. Plus de 400 municipalités, 2 500 élus, 59 000 entreprises et un demi-million de familles de pêcheurs se sont formellement opposés à de nouveaux forages offshore. Les sondages récents confirment un consensus clair : les Américains souhaitent que leurs dirigeants privilégient la protection des océans et des écosystèmes marins plutôt que l’augmentation de l’extraction de combustibles fossiles.
Cette nouvelle initiative va à l’encontre des progrès réalisés en matière de protection de l’environnement. Fin 2023, l’administration Biden avait finalisé le plus petit programme de location offshore de l’histoire. Début 2025, le président Biden avait protégé plus de 625 millions d’acres (environ 2,5 millions de kilomètres carrés) d’eaux américaines contre de nouveaux baux, mais ces garanties ont été annulées par un décret ultérieur. Surfrider et ses partenaires s’efforcent désormais de rétablir ces protections par voie judiciaire.
Dans le cadre de sa campagne nationale #ForerCestTuer, Surfrider appelle les surfeurs, les habitants des zones côtières et les amoureux de l’océan à faire entendre leur voix pendant la période de consultation publique qui débute le 24 novembre 2025. L’association rappelle que la pression collective peut porter ses fruits, comme le montrent les récentes mesures prises par le Congrès pour bloquer les ventes à grande échelle de terres publiques. Cependant, face à la forte influence des grandes compagnies pétrolières à Washington, il est crucial que la communauté du surf se mobilise et fasse entendre sa voix de manière forte et claire. Veuillez signer la pétition ici.
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