L’Inde et Singapour renforcent leur collaboration dans le secteur stratégique des semi-conducteurs, avec un soutien majeur de l’industrie singapourienne pour le programme ambitieux de New Delhi visant à devenir un acteur mondial d’ici 2032. Ce partenariat vise à accélérer le développement des compétences et à attirer les investissements nécessaires pour atteindre cet objectif.
Selon des informations rapportées par l’agence IANS, l’Association de l’industrie des semi-conducteurs de Singapour (SSIA) s’engage à accompagner l’Inde dans la mise en œuvre de ses projets approuvés dans ce domaine. Cette collaboration a été confirmée à l’issue de rencontres de haut niveau entre le ministre indien de l’Union, Ashwini Vaishnaw, et le vice-Premier ministre et ministre du Commerce et de l’Industrie de Singapour, Gan Kim Yong.
L’Inde ambitionne de développer des capacités de fabrication de puces de classe mondiale d’ici 2031-2032, se plaçant ainsi au même niveau que des pays leaders tels que la Corée du Sud, Taïwan et la Chine. Pour soutenir cette ambition, New Delhi a mis en place un programme d’incitations de 10 milliards de dollars (environ 9,3 milliards d’euros) qui attire déjà des acteurs majeurs comme Micron, qui implantera une usine dans le Gujarat, et le groupe Tata, engagé dans des projets de fabrication nationaux.
Singapour, en tant que plaque tournante de la conception et de la fabrication de semi-conducteurs, apportera son expertise et son accès aux chaînes d’approvisionnement mondiales, ainsi qu’à des écosystèmes de recherche et développement avancés. « Ce partenariat est une avancée majeure dans le parcours des semi-conducteurs en Inde », a souligné un porte-parole du ministère indien.
Les discussions entre les deux parties ont également porté sur le développement des compétences, avec un accent particulier sur la formation de techniciens et d’ingénieurs. L’objectif est de constituer un vivier de talents solide pour répondre aux besoins croissants de l’industrie. Par ailleurs, la coopération s’étendra à d’autres technologies émergentes, au-delà des semi-conducteurs.
À ce stade, l’Inde reste toutefois en retard par rapport aux leaders établis en termes d’échelle de fabrication et de maturité technologique. La constitution d’une main-d’œuvre qualifiée et la garantie de la stabilité de la chaîne d’approvisionnement représentent des défis majeurs pour atteindre l’objectif fixé pour 2032. La concurrence mondiale pour les investissements dans les semi-conducteurs est également intense, ce qui exige de l’Inde de maintenir des incitations et des infrastructures compétitives.