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Mystère sous l’océan : un mystère vieux de 81 ans est en train d’être résolu ! Les scientifiques sont très proches de la réalité avec « eDNA »…

Publié le 22 novembre 2025 07:17:00. Un avion de chasse américain, englouti au large de Saipan pendant la Seconde Guerre mondiale, est devenu le théâtre d'une avancée scientifique majeure : l'utilisation de l'ADN environnemental (ADNe) pour localiser les…

Mystère sous l’océan : un mystère vieux de 81 ans est en train d’être résolu ! Les scientifiques sont très proches de la réalité avec « eDNA »…

Publié le 22 novembre 2025 07:17:00. Un avion de chasse américain, englouti au large de Saipan pendant la Seconde Guerre mondiale, est devenu le théâtre d’une avancée scientifique majeure : l’utilisation de l’ADN environnemental (ADNe) pour localiser les restes de soldats disparus.

  • L’épave d’un Grumman TBF Vengeur, reposant sur le fond marin depuis 1944, est étudiée grâce à une nouvelle technique d’analyse génétique.
  • La méthode ADNe permet de détecter des traces d’ADN humain dans l’eau et les sédiments, même en l’absence de restes physiques.
  • Cette recherche, menée en coopération avec la DPAA (Defense Prisoner of War/Missing Personnel Accounting Agency) du département américain de la Défense, pourrait accélérer l’identification de plus de 40 000 soldats américains portés disparus.

Au large de Saipan, dans l’océan Pacifique, gît un vestige silencieux de la bataille acharnée pour la prise de l’île en 1944. Un Grumman TBF Vengeur, un bombardier-torpilleur américain, repose désormais recouvert de corail, témoin immobile d’un conflit qui a marqué l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. L’avion s’est écrasé pendant ou juste après la bataille, qui visait à s’emparer des îles Mariannes, d’une importance stratégique cruciale pour les opérations contre le Japon.

La victoire américaine à Saipan fut acquise au prix de lourdes pertes. Trois membres d’équipage étaient à bord de l’appareil. Un seul a survécu au crash, les deux autres étant toujours portés disparus, leurs restes reposant dans le silence des profondeurs tropicales. Ils n’ont jamais été retrouvés, mais leur histoire n’a pas été oubliée.

Aujourd’hui, cette épave est bien plus qu’une relique historique. Elle est au cœur d’une recherche scientifique novatrice, qui pourrait offrir un nouvel espoir aux familles de soldats disparus. Les scientifiques explorent une méthode révolutionnaire, l’ADN environnemental (ADNe), pour tenter de retrouver les traces de ces combattants perdus en mer.

Cette technique permet d’analyser le matériel génétique présent dans les échantillons prélevés dans le sol, les sédiments et l’eau, afin de déterminer si des organismes vivants ou non vivants s’y trouvaient autrefois. L’étude est menée en collaboration avec la DPAA, l’agence du ministère américain de la Défense chargée d’identifier les restes de plus de 40 000 soldats américains portés disparus depuis la Seconde Guerre mondiale. Les chercheurs espèrent que l’analyse de l’ADNe pourra accélérer considérablement ces recherches.

« Nous recherchons des moyens de surmonter certains des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés en matière de recherche sous-marine. Ce sont parmi les domaines les plus complexes et les plus difficiles pour nous. »

Jesse Stephen, directeur de l’innovation et archéologue de la DPAA

Selon Jesse Stephen, la recherche sous-marine est bien plus ardue que les fouilles terrestres. L’immensité de l’océan, le manque d’informations historiques précises et la profondeur des épaves rendent le processus coûteux et complexe. De plus, il est probable que les restes humains aient été dispersés par l’impact du crash ou les courants marins.

L’épave du Grumman Avenger est l’un des trois environnements sous-marins différents étudiés dans le cadre de cette recherche sur l’ADNe. Les prélèvements sont également effectués dans le lac Huron, à la frontière entre le Michigan et l’Ontario, et au large des côtes italiennes. Les chercheurs ont collecté des échantillons d’eau et de sédiments provenant de douze épaves dans ces trois régions. Certains sites sont activement étudiés par la DPAA, tandis que d’autres servent de référence pour comparer les résultats.

L’objectif est de comprendre comment les différentes conditions environnementales affectent la préservation de l’ADN : la différence entre l’eau salée et l’eau douce, la résistance de l’ADN aux températures chaudes et froides, l’impact de la profondeur de l’eau… À Saipan, deux sites ont été sélectionnés : un lagon peu profond et une zone à environ 300 mètres de profondeur. Les épaves en eaux profondes sont explorées à l’aide de véhicules sous-marins télécommandés, tandis que les plongeurs collectent des échantillons dans les zones peu profondes.

La biologiste marine Kirstin Meyer-Kaiser, de la Woods Hole Oceanographic Institution, est l’une des responsables scientifiques du projet. Elle explique l’intérêt de cette méthode :

« Sans collecter les restes physiques d’un animal, d’une plante ou d’un humain, il est possible de déterminer si une entité était présente uniquement sur la base de l’ADN présent dans l’environnement. »

Kirstin Meyer-Kaiser, biologiste marine à la Woods Hole Oceanographic Institution

Les échantillons collectés sont transportés aux États-Unis pour analyse. Le transport est délicat : lorsque la compagnie aérienne a refusé d’accepter la neige carbonique, l’équipe a dû acheminer les échantillons jusqu’à Guam, l’île la plus méridionale de l’archipel des Mariannes, sur de la glace, et les conserver au congélateur pendant un mois. Heureusement, la qualité des échantillons a été préservée.

Les analyses, menées en 2023 et 2024, utilisent une technique avancée appelée séquençage métagénomique. Cette méthode permet de séquencer simultanément tout l’ADN présent dans l’échantillon, y compris l’ADN humain et celui des microbes associés aux restes humains. Les premiers résultats sont encourageants :

« Nous avons pu détecter et distinguer l’ADN humain contemporain et plus ancien dans les échantillons. »

Kirstin Meyer-Kaiser, biologiste marine à la Woods Hole Oceanographic Institution

L’âge des fragments d’ADN est estimé en fonction de leur longueur. Les échantillons de sédiments se sont révélés plus riches en ADN que les échantillons d’eau. Des concentrations particulièrement élevées de courtes séquences d’ADN ont été détectées dans les sédiments prélevés sur les sites de fouilles à Saipan et en Italie, ce qui suggère la présence de restes humains dans ces zones.

Cependant, les résultats ne sont pas sans ambiguïté. De manière inattendue, de l’ADN ancien a été détecté dans certaines zones de contrôle, considérées comme exemptes de restes humains. Cette découverte a surpris les chercheurs.

« Peut-être que les écoulements d’eaux usées ou d’autres impacts anthropiques il y a des années ont provoqué le transport de l’ADN vers ces zones. »

Kirstin Meyer-Kaiser, biologiste marine à la Woods Hole Oceanographic Institution

La présence d’ADN humain dans la mer ne signifie donc pas nécessairement la présence de restes humains. L’océan agit comme un mélange géant, transportant de la matière biologique sur des millions d’années.

Les chercheurs estiment que la technologie ADNe peut être utilisée comme un outil de dépistage préliminaire, plutôt que comme une méthode d’identification directe. Cela pourrait constituer un avantage considérable dans la recherche de soldats disparus.

Les responsables de la DPAA reconnaissent le potentiel de cette recherche, tout en restant prudents.

« Nous devons évaluer cette recherche avec soin. »

Jesse Stephen, directeur de l’innovation et archéologue de la DPAA

L’agence attend également les résultats d’autres études pilotes utilisant des drones sous-marins et l’apprentissage automatique. Cependant, il est clair que la méthode ADNe pourrait ouvrir une nouvelle ère dans la recherche de soldats perdus en mer, une tâche à la fois scientifique et humanitaire. L’archéologue marine Jennifer McKinnon, de l’Université de Caroline de l’Est, souligne l’importance de ces études :

« L’application de nouvelles technologies aux affaires non résolues est une innovation passionnante. Si les résultats de l’ADNe s’avèrent utiles, cela pourrait radicalement changer l’efficacité de certaines missions de recherche. »

Jennifer McKinnon, archéologue marine à l’Université de Caroline de l’Est

Cet avion de chasse recouvert de corail, au large de Saipan, porte encore les traces du passé. Ce tas de métal, posé tranquillement parmi les poissons, pourrait receler le sort de trois soldats qui s’envolaient autrefois dans le ciel. Peut-être que leur ADN s’est mêlé aux sédiments du fond marin, laissant une trace invisible, même après des décennies. Aujourd’hui, les scientifiques tentent de déchiffrer ces traces. Cette recherche n’a pas encore abouti à des conclusions définitives, mais les révélations qu’elle apporte sont déjà précieuses.

Source : CNN : Plus de 40 000 soldats américains ont été perdus en mer. Les scientifiques traquent des indices invisibles pour les retrouver

Photo : Alay

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.