Publié le 22 novembre 2023 16:32. L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a été placé en détention préventive ce samedi, suite à des soupçons de tentative de briser son bracelet électronique et de fuir le pays. Cette décision intervient après une condamnation à plus de 27 ans de prison pour tentative de coup d’État.
- Jair Bolsonaro est accusé d’avoir cherché à déjouer les mesures de surveillance électronique qui lui étaient imposées.
- La police fédérale a émis un mandat d’arrêt préventif sur instruction du Tribunal suprême fédéral.
- Plusieurs proches de l’ancien président ont récemment quitté le Brésil, suscitant des inquiétudes quant à une possible fuite organisée.
Selon le juge Alexandre de Moraes, de la Cour suprême fédérale (STF), Jair Bolsonaro a activement cherché à contourner les restrictions de sa liberté. La décision de détention préventive fait état d’une « intention manifeste » de l’ancien président de se soustraire à la justice, en profitant de la confusion créée par un rassemblement organisé par son fils.
Les autorités ont détecté une « anomalie dans les équipements de surveillance électronique » à 00h08 heure locale, selon l’ordonnance de détention. Cette découverte s’est produite alors que le sénateur Flávio Bolsonaro, un autre fils de l’ancien président, avait appelé à une « veille » devant la résidence de son père, une action interprétée comme une tentative de gêner les opérations de contrôle.
Cette arrestation s’inscrit dans un contexte de tensions politiques persistantes au Brésil. Jair Bolsonaro a été condamné en septembre à 27 ans et trois mois de prison pour avoir incité à un coup d’État visant à contester les résultats de l’élection présidentielle de 2022, remportée par Luiz Inácio Lula da Silva. Il était accusé d’être le chef et le principal bénéficiaire d’un plan visant à empêcher Lula de prendre ses fonctions en 2023.
Plusieurs alliés de l’ancien président ont également fait l’objet d’enquêtes et ont quitté le pays ces dernières semaines. Le député Eduardo Bolsonaro, un autre fils, et l’ancien chef des services de renseignement Alexandre Ramagem ont notamment fui le Brésil. Ramagem aurait quitté le pays clandestinement par l’État de Roraima, à la frontière avec le Venezuela, avant de se rendre aux États-Unis.
Jair Bolsonaro a été transféré à la Superintendence de la police fédérale, où il sera détenu dans une salle réservée aux personnalités publiques de haut rang, telles que les présidents de la République. Sa défense avait demandé la veille au Tribunal suprême fédéral d’autoriser l’ancien président à purger sa peine à domicile, invoquant des problèmes de santé liés à ses antécédents médicaux, notamment les suites d’une agression au couteau subie lors d’un meeting de campagne en 2018.
L’affaire a suscité des réactions internationales. L’ancien président américain Donald Trump, allié de Bolsonaro, a dénoncé une « chasse aux sorcières » et a imposé des sanctions au juge Moraes, ainsi qu’un droit de douane de 50 % sur certains produits brésiliens, des mesures qui ont commencé à être abrogées ce mois-ci.
Il est important de noter que la détention préventive est une mesure de précaution et ne constitue pas l’exécution de la peine de plus de 27 ans prononcée en septembre. Jair Bolsonaro conserve la possibilité de faire appel de cette décision.