Publié le 22 novembre 2023 16:12. L’Église catholique des Philippines exhorte à la prudence et à la transparence face aux allégations de corruption entourant des projets de lutte contre les inondations, craignant une instrumentalisation politique de ces révélations à l’approche de scrutins.
- La Conférence des évêques catholiques des Philippines (CBCP) met en garde contre une exploitation politique des accusations de corruption.
- Le cardinal Pablo Virgilio David appelle à la validation des allégations de l’ancien député Zaldy Co et à une enquête transparente.
- Les archévêques de Manille et de Cebu appellent les fidèles à la vigilance, à la retenue et au respect de l’État de droit.
Face à une vague d’accusations de corruption concernant des projets de contrôle des inondations aux Philippines, l’Église catholique a élevé la voix pour appeler à la prudence et à la recherche de la vérité. La Conférence des évêques catholiques des Philippines (CBCP) s’inquiète d’une possible instrumentalisation politique de ces révélations, notamment à l’approche d’élections.
Le président de la CBCP, le cardinal Pablo Virgilio David, a publié un communiqué dans lequel il exprime sa préoccupation face à l’exploitation potentielle de ces allégations.
« Nous mettons également en garde contre l’exploitation politique de ces allégations, en particulier lorsqu’elles sont publiées à des moments sensibles, susceptibles d’enflammer l’opinion publique ou d’être utilisées pour influencer les résultats politiques. »
Cardinal Pablo Virgilio David, Président de la CBCP
Il souligne l’importance de la clarté, de la vérité et de la responsabilité, appelant toutes les parties impliquées à agir avec honnêteté et courage.
Les récentes déclarations de Zaldy Co, ancien représentant du parti Ako Bicol, ont particulièrement attiré l’attention. Le cardinal David demande à M. Co de revenir au pays et de porter ses accusations devant les autorités compétentes, en fournissant des preuves vérifiables.
« Si ses accusations sont effectivement crédibles et substantielles, nous l’exhortons à retourner dans le pays et à déposer ses accusations devant les autorités compétentes, sous serment et étayées par des preuves vérifiables. »
Cardinal Pablo Virgilio David, Président de la CBCP
Il insiste sur le fait que des déclarations publiques sur les réseaux sociaux ne peuvent remplacer un témoignage formel devant les tribunaux.
Parallèlement, le cardinal archevêque de Manille, José Advincula, a exhorté les fidèles à rester vigilants, sobres et perspicaces dans un contexte de tensions sociales et politiques croissantes. Dans une déclaration pastorale lue lors des messes des 15 et 16 novembre, il a rappelé l’importance de ne pas laisser les émotions prendre le pas sur la raison et de respecter l’État de droit.
« Dans les moments de rassemblements de masse et de discours public, nous ne laissons pas l’émotion prendre le pas sur la raison. Nous devons toujours adhérer à l’État de droit et résister à tout appel à des moyens extra-constitutionnels pour résoudre nos problèmes. »
Cardinal José Advincula, Archevêque de Manille
L’archidiocèse de Cebu a également publié un appel pastoral, appelant au calme, à la retenue et au respect de la vérité. L’archevêque de Cebu, Alberto Uy, a insisté sur la nécessité d’une enquête transparente et impartiale, sans blanchiment, dissimulation ou protection des personnes impliquées. Il a appelé à la restitution des fonds volés et à la traduction en justice des coupables.
« Pas de blanchiment. Pas de dissimulation. Aucune protection pour les personnes impliquées. Les personnes reconnues coupables doivent être traduites en justice et les fonds volés doivent être restitués au peuple. »
Archevêque Alberto Uy, Archevêque de Cebu
Il a également mis en garde contre la diffusion d’informations non vérifiées et les récits qui alimentent la colère et la division.
Enfin, l’archevêque Uy a appelé à la prière pour la clarté, le courage et la justice, afin que la vérité soit révélée et que la paix puisse guérir la nation.