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Coupe du monde féminine T20 pour aveugles | Les jeunes femmes poursuivent leurs rêves de cricket

Colombo se prépare à accueillir un événement historique : la première Coupe du monde féminine T20 pour aveugles, qui se déroulera dimanche 23 novembre 2025. Six équipes, issues de l'Inde, du Pakistan, du Népal, du Sri Lanka, de…

Coupe du monde féminine T20 pour aveugles | Les jeunes femmes poursuivent leurs rêves de cricket

Colombo se prépare à accueillir un événement historique : la première Coupe du monde féminine T20 pour aveugles, qui se déroulera dimanche 23 novembre 2025. Six équipes, issues de l’Inde, du Pakistan, du Népal, du Sri Lanka, de l’Australie et des États-Unis, se sont affrontées pour atteindre cette finale inédite.

L’équipe indienne, co-organisatrice de la compétition avec le Sri Lanka, affrontera le Népal au stade P. Saravanamuttu, plus communément appelé « Colombo Oval », un lieu emblématique du cricket asiatique, ayant accueilli Sir Don Bradman en 1948.

La capitaine de l’équipe indienne, Deepika TC, originaire du Karnataka, se montre confiante, mais sans pression : « Il n’y a pas de tension. C’est parce que nous ne sommes pas seulement une équipe de frappeuses, de quilleuses et de joueuses défensives, tout le monde est polyvalente. »

Ce cricket adapté présente des spécificités importantes. Le ballon utilisé est en plastique blanc, muni de roulements à billes pour faciliter sa localisation sonore. Le quilleur annonce le lancer en criant « Jouer ! », permettant à la frappeuse d’anticiper l’arrivée du ballon, lancé sous le bras. Chaque équipe doit compter au moins quatre joueuses ayant une déficience visuelle complète, les autres présentant différents degrés de perte de vision, pouvant aller jusqu’à une perception visuelle limitée à deux ou six mètres.

Shika Shetty, responsable de l’équipe indienne, souligne la complexité de la préparation : « Il faut beaucoup de travail pour entraîner les joueuses à évaluer l’espace, à la fois pour leur sécurité et pour planifier leurs mouvements sur le terrain. Elles doivent également s’adapter aux exigences physiques et mentales du jeu. »

Pour Phula Saren, jeune joueuse de 18 ans originaire du district de Balasore dans l’Orissa, participer à cette compétition est une source de fierté immense : « Je ne représente pas seulement mon pays, mais aussi mon village. Cela me rend très fière. » Elle avoue être une grande admiratrice de Jemimah Rodrigues.

Les joueuses de l’équipe indienne, âgées de 16 à 28 ans, proviennent de milieux ruraux modestes. L’Association de cricket pour les aveugles en Inde (CABI) est chargée de les repérer et de les former dans les villages du pays. Mahantesh G. Kivadasannavar, président du CABI et initiateur du tournoi, explique : « S’engager dans le cricket représente un changement majeur pour ces jeunes filles issues de familles modestes, et cela a un impact considérable sur leurs familles, qui les voient s’épanouir dans ce domaine. » Il insiste sur le potentiel du cricket pour aider les personnes malvoyantes à s’orienter et à développer leur sens de la stratégie.

Le tournoi a également permis au Sri Lanka de créer rapidement sa propre équipe féminine de cricket pour aveugles. Sudesh Tharanga, président de l’Association de cricket du Sri Lanka pour les handicapés visuels, explique : « Nous avons fait venir des étudiantes et d’autres personnes intéressées par ce jeu. Nous ne pouvions pas manquer cette belle opportunité. »

L’engagement des joueuses ne s’arrête pas au cricket. Nimra Rafique, membre de l’équipe pakistanaise, poursuit des études pour obtenir une licence en éducation. Lorsqu’on lui demande si elle envisage de choisir une carrière à temps plein, elle répond avec enthousiasme : « Les deux. Pourquoi pas, c’est possible ! »

Au-delà de la compétition, les joueuses apprécient l’atmosphère de Colombo. « Nous sommes allées au bord de la mer et la brise était très agréable », témoigne Nimra Rafique. Anikha Devi, du Jammu-et-Cachemire, savoure l’expérience : « Rien que de porter ce maillot bleu et de m’entraîner avec mes coéquipiers, c’est une sensation formidable. »

Mahantesh G. Kivadasannavar conclut : « De l’idée à la réalisation, nous avons réussi en moins de deux mois, grâce au soutien considérable des autorités sri lankaises, des responsables indiens, de nos nombreux sponsors et de nos partisans. »

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.