Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Au Maroc, ils donnent 3 dollars par jour

Publié le 22 novembre 2023 18:56:00. La ville de Roussé, en Bulgarie, voit son industrie textile emblématique s'effondrer face à la concurrence internationale, entraînant des centaines de couturières au chômage et menaçant l'avenir d'un secteur autrefois florissant. Plus…

Au Maroc, ils donnent 3 dollars par jour

Publié le 22 novembre 2023 18:56:00. La ville de Roussé, en Bulgarie, voit son industrie textile emblématique s’effondrer face à la concurrence internationale, entraînant des centaines de couturières au chômage et menaçant l’avenir d’un secteur autrefois florissant.

  • Plus de 600 emplois ont déjà été perdus dans les ateliers de confection de Roussé ces derniers mois.
  • La délocalisation de la production vers des pays à bas coûts, comme la Tunisie, l’Égypte et l’Ouzbékistan, est la principale cause de cette crise.
  • Les entreprises restantes peinent à rivaliser avec les salaires et les coûts de production plus faibles de ces pays.

La situation est alarmante pour Roussé, une ville traditionnellement reconnue pour son savoir-faire dans le domaine de la confection. Des entreprises qui travaillaient autrefois pour des marques internationales ferment les unes après les autres, laissant sur le carreau des travailleuses expérimentées. Yana Slavova, couturière ayant récemment perdu son emploi dans une entreprise fabriquant des vêtements pour la France, témoigne des difficultés rencontrées :

« Le montant dû était d’environ 2 000 BGN (environ 1 000 euros) pour deux mois de travail. J’ai dû renoncer à ces sommes, je vais devoir me contenter de l’essentiel. La production n’était pas organisée, ce qui a probablement contribué à la faillite. Nous ne recevions pas nos commandes à temps. »

Yana Slavova, ancienne couturière

Si Yana Slavova a finalement récupéré son argent grâce à une compensation de l’État, ce n’est pas le cas de tous. La faillite d’une entreprise a laissé 70 ouvrières sans salaire pendant deux mois. Une autre grande entreprise de confection a annoncé la suppression de 400 postes suite à la perte d’une commande importante, représentant un préjudice de près de 5 millions de BGN (environ 2,5 millions d’euros). La direction s’engage toutefois à honorer ses obligations financières envers ses employés.

La plus ancienne usine de couture de Roussé, forte de 93 ans d’histoire, a définitivement fermé ses portes en juillet dernier, ne laissant derrière elle que des mannequins en plastique dans sa vitrine. 77 des couturières licenciées se sont inscrites auprès du Bureau du travail local.

Ioana Terzieva, directrice de la direction du Bureau du travail de Roussé, explique les mesures prises pour accompagner les personnes touchées :

« Face à cette situation extrêmement stressante, nous avons organisé des réunions avec les employeurs et les travailleurs afin de faciliter leur inscription et de minimiser la pression. Beaucoup ont déjà changé de profession et trouvé un nouvel emploi. L’important est qu’ils ne restent pas au chômage. »

Ioana Terzieva, directrice du Bureau du travail de Roussé

En dix ans, l’industrie de la confection bulgare a perdu la moitié de ses effectifs, passant de 160 000 à 86 000 employés. Miglena Hristova, propriétaire d’une entreprise de couture et membre du conseil d’administration de l’Association du textile et du cuir, souligne l’écart de compétitivité :

« Au Maroc et en Tunisie, le salaire journalier d’un travailleur est d’environ 3 dollars (environ 2,7 euros). Je ne dis pas que c’est une situation idéale, mais avec 6 BGN (environ 3 euros) par jour, comment pouvons-nous rivaliser ? Il n’y a tout simplement aucun moyen d’atteindre ces prix. »

Miglena Hristova, propriétaire d’une entreprise de couture et membre du conseil d’administration de l’Association du textile et du cuir

Malgré ces difficultés, Miglena Hristova reste optimiste, estimant que les entreprises bulgares peuvent encore se distinguer par la qualité de leurs produits, notamment dans le secteur du luxe, un domaine où les pays à bas coûts peinent à répondre aux exigences.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.