Genève, le 23 novembre 2025 – Des négociations américano-ukrainiennes à Genève laissent entrevoir une possible issue au conflit russo-ukrainien, malgré les réserves exprimées par certains alliés européens quant à un plan de paix jugé trop favorable à Moscou. Les discussions, menées sous l’égide de l’administration Trump, ont été qualifiées de « productives » par les deux parties, mais restent fragiles.
- Des progrès significatifs ont été réalisés lors de la première session de pourparlers à Genève, selon des responsables américains et ukrainiens.
- Le plan de paix proposé par les États-Unis, bien que salué par Kiev, suscite des inquiétudes en Europe, où l’on craint qu’il ne fasse trop de concessions à la Russie.
- L’ancien président Trump a critiqué l’Ukraine pour son manque de gratitude envers l’aide américaine, tout en évitant de blâmer directement la Russie.
La première session de négociations, décrite comme « probablement la réunion la plus productive et la plus significative » depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir en janvier, a permis d’établir un terrain d’entente initial, a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Une deuxième réunion était prévue dans la journée de dimanche.
« Nous avons fait de très bons progrès et avançons vers une paix juste et durable », a confirmé Andrii Yermak, chef de cabinet du président ukrainien, après la première session. Il a précisé que les décisions finales reviendront aux présidents des deux pays, avec l’engagement de leurs partenaires européens.
Cependant, l’optimisme affiché par Washington est tempéré par les déclarations de Donald Trump, qui a utilisé les réseaux sociaux pour critiquer Kiev, estimant que l’Ukraine n’a pas suffisamment exprimé sa gratitude pour l’aide militaire américaine. Il a également omis de critiquer la Russie, affirmant que l’invasion de l’Ukraine « n’aurait jamais dû avoir lieu » si le pays avait bénéficié d’un « leadership américain et ukrainien fort et approprié ».
Ces critiques ont suscité une réaction du président Zelensky, qui a réaffirmé sa reconnaissance envers les États-Unis pour leur soutien, notamment en matière d’armement, mais a souligné que la responsabilité de la guerre incombe exclusivement à la Russie.
Le plan de paix en 28 points, élaboré par Washington en concertation avec Moscou, est au cœur des préoccupations. Il comprend des concessions territoriales que Kiev a déjà rejetées à plusieurs reprises. Selon Alice Rufo, ministre déléguée française à la Défense, les restrictions imposées à l’armée ukrainienne par ce plan constituent une « limitation de sa souveraineté ». « L’Ukraine doit être capable de se défendre », a-t-elle insisté, rappelant que « la Russie veut la guerre et l’a menée à plusieurs reprises au cours des dernières années. »
Les alliés de l’Ukraine, notamment le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, se sont réunis pour tenter d’influencer le plan de paix et de le rendre plus acceptable pour Kiev. Le président Zelensky a indiqué que les États-Unis étaient ouverts à prendre en compte « un certain nombre d’éléments » reflétant la vision ukrainienne et ses intérêts nationaux.
Donald Trump a toutefois précisé que le plan actuel n’était pas son « offre finale », laissant planer un doute sur l’issue des négociations. La date limite fixée par l’administration américaine pour une réponse de l’Ukraine est imminente, mais Trump a également suggéré qu’il pourrait y avoir des marges de manœuvre si des progrès réels étaient constatés.
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