Publié le 23 novembre 2025 à 22h51. Un plan de paix alternatif pour l’Ukraine, présenté par l’administration américaine, a été profondément remanié par les pays européens, qui insistent sur un cessez-le-feu préalable à toute discussion territoriale. Les négociations à Genève, suivies de près, révèlent des divergences majeures sur la voie à suivre pour mettre fin au conflit.
- Les pays européens privilégient un cessez-le-feu immédiat, basé sur la ligne de front actuelle, avant d’aborder les questions territoriales.
- Le plan américain, critiqué pour ses concessions potentielles à la Russie, envisage des transferts territoriaux et exclut l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.
- Des discussions sont en cours pour déterminer le sort de la centrale nucléaire de Zaporijjia et l’utilisation des avoirs russes gelés pour la reconstruction de l’Ukraine.
Les propositions de paix pour l’Ukraine ont connu un rebondissement significatif ce dimanche, avec la présentation d’un plan européen substantiellement différent de celui initialement esquissé par l’administration de Donald Trump. Ce plan américain, publié la semaine dernière, a suscité des critiques en raison de son orientation perçue comme favorable à Moscou. Les dirigeants européens ont rapidement manifesté leur volonté de proposer une voie alternative, plus équilibrée selon eux.
Selon le plan européen, la priorité absolue est d’établir un cessez-le-feu complet et inconditionnel en Ukraine. La ligne de contact actuelle, c’est-à-dire le front, servirait de base aux éventuels échanges de territoires. Les États-Unis seraient chargés de surveiller le respect de ce cessez-le-feu. Il est important de noter que le plan ne prévoit pas de retrait ukrainien des villes du Donbass actuellement sous contrôle de Kiev. Les questions territoriales seraient abordées ultérieurement, après la mise en œuvre effective du cessez-le-feu.
En cas d’accord, l’Ukraine s’engagerait à ne pas tenter de reconquérir militairement les territoires occupés par la Russie, tandis que Moscou s’engagerait à ne pas étendre son influence au-delà des frontières établies. Ces engagements seraient assortis de garanties de sécurité, qui seraient compromises en cas de non-respect.
Le projet ne ferme pas la porte à une éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, bien qu’il reconnaisse l’absence de consensus au sein de l’alliance sur cette question. Le gouvernement hongrois, notamment, s’est montré peu enthousiaste à l’égard de cette perspective. Un accord de non-agression global serait conclu entre la Russie, l’Ukraine et l’OTAN. La Russie devrait également restituer la centrale nucléaire de Zaporijjia à l’Agence internationale de l’énergie atomique, avec un partage équitable de l’électricité produite entre l’Ukraine et la Russie.
« L’armée ukrainienne pourrait compter un maximum de 800 000 hommes – le plan américain fixait la limite supérieure à 600 000. »
Source non spécifiée dans le texte original
Les avoirs russes gelés en Occident seraient destinés à financer la reconstruction de l’Ukraine, sans bénéfice pour les investisseurs américains. Si la Russie respecte le cessez-le-feu, les sanctions imposées depuis 2014 seraient progressivement levées et elle pourrait retrouver sa place au sein du G8. Le plan aborde également des questions cruciales telles que le commerce des céréales, la navigation sur le Dniepr, les restrictions sur les armes nucléaires, le sort des enfants ukrainiens enlevés et l’organisation d’élections en Ukraine.
Selon CNN, le ministre américain Marco Rubio a qualifié ce plan de « document vivant et respirant », soulignant sa nature évolutive et la possibilité de surmonter les obstacles restants. Rubio a précisé que les Russes seraient également consultés et que Donald Trump se montre satisfait des progrès réalisés.
Rubio a également indiqué que le délai initialement accordé aux Ukrainiens pour accepter le plan n’est pas définitif. Il a insisté sur l’urgence de trouver une solution, soulignant que des vies sont perdues chaque jour. Il a également reconnu la nécessité pour l’Ukraine d’obtenir des garanties de sécurité solides pour éviter de nouvelles agressions.
Volodymyr Zelensky a déclaré avoir constaté des avancées significatives lors des négociations à Genève et a exprimé sa prudence quant à la possibilité d’une fin de la guerre. Zelensky a estimé que l’équipe du président Trump semble prendre en compte les préoccupations ukrainiennes, tout en réaffirmant que la priorité est la paix, la sécurité et le respect de son peuple.
Le plan de paix américain en 28 points, révélé mercredi, propose le transfert de l’ensemble du Donbass à la Russie, le maintien de la Crimée sous contrôle russe et le tracé d’une nouvelle frontière le long du Dniepr. Il exclut également l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, tout en lui offrant des garanties de sécurité américaines. Le gouvernement ukrainien s’est vu accorder un délai jusqu’à jeudi pour répondre à cette proposition. Plus d’informations sur le plan américain sont disponibles ici.
Donald Trump a précisé samedi que ce plan ne constitue pas une « offre finale ». Il est considéré comme acceptable par la Russie, mais Zelensky a affirmé qu’il ne trahirait pas les intérêts nationaux de son pays. Les dirigeants européens ont publié une déclaration commune soulignant que les frontières ne doivent pas être modifiées par la force. Viktor Orban a adressé une lettre à Ursula von der Leyen, appelant l’UE à soutenir inconditionnellement le plan de paix de Donald Trump.
Selon Sky News, Vladimir Poutine a déclaré vendredi que la Russie a reçu le plan de paix américain et qu’il pourrait servir de base à une paix durable, tout en soulignant qu’il n’a pas encore été examiné en détail. Il a également mentionné que la proposition de Trump avait été discutée lors du sommet de l’Alaska en août.