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L’économiste du 21e siècle : vers un nouveau modèle économique ?

Publié le 23 novembre 2025. Lors d'une conférence marquant le 67e anniversaire de la Faculté des Sciences Économiques et Sociales de l'Université des Andes (ULA), l'économiste Albio Márquez a dressé un tableau préoccupant de la mondialisation contemporaine, appelant…

L’économiste du 21e siècle : vers un nouveau modèle économique ?

Publié le 23 novembre 2025. Lors d’une conférence marquant le 67e anniversaire de la Faculté des Sciences Économiques et Sociales de l’Université des Andes (ULA), l’économiste Albio Márquez a dressé un tableau préoccupant de la mondialisation contemporaine, appelant à une refonte des paradigmes économiques pour garantir équité et souveraineté.

  • L’économiste Albio Márquez souligne un découplage croissant entre la croissance financière et le bien-être réel.
  • Il met en évidence une crise de la capacité des États à mettre en œuvre des politiques économiques souveraines face à la complexité des marchés mondiaux.
  • Il observe l’émergence d’un nouvel ordre économique dominé par l’économie numérique et l’ascension de nations innovantes.

Le Dr Albio Márquez, directeur de l’Institut de Recherches Économiques et Sociales (IIES) de l’ULA, a analysé les mutations profondes qui affectent l’économie mondiale. Intervenant dans le cadre de la Journée de l’Économiste, il a retracé l’évolution d’une mondialisation initialement perçue comme une ère de « technologisation libre », caractérisée par la libre circulation des capitaux et des échanges. Cette phase, encouragée par les États et portée par les entreprises, a conduit à un développement exponentiel des chaînes de valeur mondiales.

Cependant, cette dynamique a également engendré des déséquilibres majeurs. Selon le Dr Márquez, l’économie financière a pris une ampleur disproportionnée par rapport à l’économie réelle, créant des distorsions et remettant en question le lien entre croissance économique et amélioration du niveau de vie. Il a averti que la croissance des indicateurs financiers ne se traduit pas toujours par un bien-être tangible.

Parallèlement, l’économiste a pointé du doigt une érosion de la souveraineté économique des États. Dans un contexte de complexité croissante des marchés mondiaux et de « démocratie de masse », les gouvernements peinent à répondre aux demandes sociales et à mettre en œuvre des politiques efficaces. Cette perte de contrôle alimente les inégalités, tant au sein des nations qu’entre elles, et constitue un facteur d’instabilité.

La crise financière de 2008 a marqué un tournant, révélant les fragilités d’un modèle de mondialisation déréglementée. Depuis lors, une série de chocs – ralentissement du commerce international, pandémie de COVID-19, conflits géopolitiques – ont accéléré une tendance inquiétante : la montée de la pauvreté et des inégalités à l’échelle mondiale. Nombre d’observateurs évoquent désormais une « démondialisation » ou, à tout le moins, une profonde réorganisation de l’économie mondiale.

Le Dr Márquez nuance cette vision. Il estime que la mondialisation ne peut plus être appréhendée uniquement à travers le prisme du commerce international. Nous assistons, selon lui, à un processus plus complexe et fragmenté, caractérisé par un « hégémonisme » de transformation, une organisation humaine et numérique qui façonne un nouvel écosystème économique. L’économie numérique est devenue le moteur de l’industrie et de la vie sociale mondiale.

Toutefois, le centre de gravité de cette économie numérique est en train de se déplacer. Un deuxième groupe de nations, grâce à des investissements massifs dans l’innovation et à une transition vers des économies basées sur la connaissance et la production à valeur ajoutée, émerge avec force. « Nous nous dirigeons, que cela nous plaise ou non, vers un nouveau modèle économique », a-t-il affirmé.

Ce nouveau modèle ne peut plus privilégier l’efficacité financière à tout prix. Le défi pour les économistes du XXIe siècle est de concevoir un paradigme qui, en tirant parti des outils numériques et de la recherche d’efficacité, préserve l’équité, la souveraineté nationale et la durabilité.

En conclusion, le Dr Márquez a souligné la nécessité d’analyser, de comprendre et de façonner ce nouvel ordre mondial. Il a plaidé pour une approche pragmatique, capable d’apprivoiser les forces du marché mondial pour les mettre au service du développement humain intégral. « La véritable ‘politique extraordinaire’ dont nous avons besoin est celle qui est capable d’apprivoiser les forces du marché mondial pour les mettre au service du développement humain intégral », a-t-il déclaré. Il a appelé à une mondialisation enfin volontaire, juste et inclusive.

Pltga. Angélique Villamizar

Chercheur IIES-ULA

23-11-2025

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.