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57 % des foyers côtiers ont du mal à s’adapter au changement climatique : BM

Publié le 24 novembre 2024 18:41:00. Plus de la moitié des foyers bangladais côtiers peinent à faire face aux conséquences du changement climatique, un problème exacerbé par un manque criant d'infrastructures de protection adéquates, selon une nouvelle enquête…

57 % des foyers côtiers ont du mal à s’adapter au changement climatique : BM

Publié le 24 novembre 2024 18:41:00. Plus de la moitié des foyers bangladais côtiers peinent à faire face aux conséquences du changement climatique, un problème exacerbé par un manque criant d’infrastructures de protection adéquates, selon une nouvelle enquête de la Banque mondiale.

  • Plus de 57 % des ménages interrogés pointent du doigt l’insuffisance des digues, des structures anti-cycloniques et des infrastructures de protection comme le principal obstacle à long terme pour renforcer leur résilience face au climat.
  • Les contraintes financières empêchent également plus de 56 % des foyers d’adopter des mesures d’adaptation efficaces.
  • L’Asie du Sud, et en particulier le Bangladesh, est identifiée comme l’une des régions les plus vulnérables au monde face aux bouleversements climatiques.

Le Bangladesh est confronté à une crise climatique croissante, qui affecte de manière disproportionnée les populations les plus pauvres et les agriculteurs. C’est ce que révèle une étude récente de la Banque mondiale, publiée hier à Dhaka, lors de la présentation de son nouveau rapport intitulé « Du risque à la résilience : aider les personnes et les entreprises à s’adapter en Asie du Sud ». L’enquête, menée auprès de 250 villages côtiers en 2024, met en lumière les difficultés rencontrées par les habitants pour faire face aux impacts du changement climatique.

Selon le rapport, d’ici 2030, près de 90 % de la population de la région seront exposés à des vagues de chaleur extrêmes et près d’un quart subiront de graves inondations. L’augmentation de la salinité de l’eau et des sols dans les zones côtières aggrave encore la situation, menaçant les moyens de subsistance de millions de Bangladais.

L’étude souligne que plus des trois quarts des ménages sont pleinement conscients des risques climatiques et anticipent un choc climatique majeur au cours de la prochaine décennie. Malgré une prise de conscience élevée, 80 % des foyers ont déjà pris des mesures, mais ces initiatives se limitent souvent à des solutions de base et peu coûteuses, faute d’accès aux technologies avancées, au crédit ou à des infrastructures publiques résilientes au climat.

Les conséquences sont particulièrement sévères pour les populations les plus vulnérables. Les familles pauvres et celles qui dépendent de l’agriculture perdent leurs terres, leurs récoltes et leurs revenus à mesure que la salinité, les inondations et les températures extrêmes s’intensifient. Au cours des dix dernières années, près de 75 % des habitants des zones côtières ont déclaré avoir été touchés par des inondations, un chiffre légèrement inférieur aux estimations satellitaires qui font état d’environ 90 %.

Les inondations les plus importantes signalées atteignent en moyenne 40 centimètres de profondeur et nécessitent environ une semaine pour se résorber. Les données satellitaires indiquent qu’un foyer moyen sur la côte bangladaise a été inondé 19 fois entre 2000 et 2018, soit environ une fois par an.

Si les investissements du Bangladesh dans les abris anti-cycloniques et les digues ont permis de sauver des milliers de vies par le passé, le rapport met en garde contre les contraintes budgétaires qui limitent la capacité du gouvernement à développer les infrastructures au rythme nécessaire pour faire face aux impacts croissants du changement climatique. L’adaptation menée par le secteur privé est donc jugée cruciale, avec le potentiel d’éviter jusqu’à un tiers des pertes liées au climat si les entreprises pouvaient réorienter leurs ressources et leurs investissements.

« D’ici 2030, près de 90 pour cent de la population de la région sera exposée à des chaleurs extrêmes et près d’un quart à de graves inondations. Avec l’augmentation de la salinité de l’eau et des sols dans les régions côtières, la crise climatique affecte gravement des millions de vies au Bangladesh. »

Rapport de la Banque mondiale

« La résilience du Bangladesh est continuellement mise à l’épreuve par l’évolution des défis environnementaux… il faut faire davantage », a déclaré Jean Pesme, directeur de la division de la Banque mondiale pour le Bangladesh et le Bhoutan. Il a souligné la nécessité d’étendre les systèmes d’alerte précoce, la protection sociale, l’agriculture intelligente face au climat et le financement de l’adaptation, y compris les outils innovants de financement des risques.

Lors d’une table ronde, la professeure Sharmind Neelormi de l’Université de Jahangirnagar a insisté sur l’urgence de la situation : « Les infrastructures résilientes au climat constituent désormais un problème critique, et nos dirigeants doivent réfléchir sérieusement à la manière d’y répondre. » Elle a ajouté que, bien que le huitième plan quinquennal ait accordé une importance particulière aux infrastructures, de nombreuses priorités restent en suspens en attendant l’élaboration du neuvième plan.

Le Bangladesh a besoin d’environ 12 milliards de dollars par an pour l’adaptation et l’atténuation, mais le gouvernement ne peut actuellement fournir que 3,5 milliards de dollars, a précisé Farhina Ahmed, secrétaire du ministère de l’Environnement, des Forêts et du Changement climatique. Elle a souligné la nécessité de financements innovants et d’une participation accrue du secteur privé, ajoutant : « L’adaptation est souvent peu attractive pour les investisseurs privés, nous devons donc repenser la manière de mobiliser les financements. Chaque investissement doit générer de multiples bénéfices. »

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.