Des journaux intimes, des œuvres d’art et un souvenir offert par Carrie Fisher : une partie de l’héritage personnel de Marianne Faithfull sera dispersée aux enchères à Londres le 3 décembre. Cette vente exceptionnelle offre un aperçu rare de la vie d’une artiste emblématique, marquée par le succès, les excès et une renaissance artistique.
L’ensemble, qui comprend des portraits, des photographies et divers objets personnels, témoigne d’une existence glamour et parfois tumultueuse. Selon son fils, Nicholas Dunbar, « chaque pièce raconte une histoire et reflète son esprit et son goût inimitable. Il est temps que ces objets trouvent de nouveaux foyers et j’espère qu’ils apporteront autant de joie à leurs nouveaux propriétaires qu’ils en ont apporté à Marianne. »
Parmi les pièces les plus remarquables figurent des journaux datant de 1959, lorsque Marianne Faithfull était adolescente, ainsi qu’un journal intitulé « Goals » (Objectifs) de 1989. Les amateurs d’art pourront également acquérir une estampe de l’artiste sud-africaine Marlene Dumas, portant l’inscription « Say it in Broken English » (Dites-le en anglais brisé), une référence directe à l’un des titres les plus célèbres de la chanteuse. Une œuvre sur papier intitulée « Babylon », signée Anita Pallenberg, figure également au catalogue, tout comme le collage « Abductee » de l’artiste pop australien Martin Sharp. Pallenberg était proche de Faithfull et fréquentait le même cercle que les Rolling Stones.
La vente proposera également des meubles datant des XVIIIe, XIXe et début du XXe siècle, ainsi que des pièces issues de la garde-robe de l’artiste, dont un manteau en laine noire de la marque Louis Vuitton par Marc Jacobs. Un coffre ayant appartenu à Carrie Fisher et offert à Faithfull est estimé entre 1 000 et 1 500 £ (environ 1 170 à 1 755 €).
Rufus Wainwright, qui a rendu hommage à Faithfull dans The Guardian après sa mort, a décrit leur relation comme « très, très étroite ». Il se souvient d’« soirées folles passées entre eux, un peu spectateur privilégié. Ils étaient des légendes classiques et originales, qui semblaient vivre dans un univers à part, et c’était très décadent, incroyablement drôle et totalement rock’n’roll. »
Marianne Faithfull s’est imposée comme une icône du Swinging London des années 1960, avec des succès tels que « As Tears Go By » et une carrière d’actrice, notamment aux côtés d’Orson Welles et d’Alain Delon. Elle a été une muse pour les Rolling Stones et a co-écrit la chanson « Sister Morphine », qu’elle a enregistrée et qui a été reprise par le groupe sur l’album Sticky Fingers.
Après des années de lutte contre la dépendance à la cocaïne et à l’héroïne, et une période d’itinérance à Londres, Marianne Faithfull a réussi à se rétablir dans les années 1980 et à relancer sa carrière musicale, collaborant avec des artistes tels que Nick Cave, Damon Albarn et Metallica.
Les objets de la vente sont exposés chez Bonham’s à Knightsbridge dans le cadre de leur vente aux enchères « Sound & Cinema », qui se déroulera jusqu’au 3 décembre. Rebecca Anthony, spécialiste des cultures populaires chez Bonham’s, a salué Marianne Faithfull comme « une icône culturelle dotée d’un sens du style exceptionnel et d’un héritage durable. Nous sommes ravis de proposer pour la première fois des objets de sa collection personnelle aux enchères. »