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La justice européenne oblige tous les pays de l’Union à reconnaître un mariage homosexuel célébré dans un autre État membre | LGTBIQ+

Publié le 25 novembre 2025 à 09h53. La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rendu un arrêt historique, obligeant les États membres à reconnaître les mariages homosexuels contractés dans un autre pays de l'UE, même si…

La justice européenne oblige tous les pays de l’Union à reconnaître un mariage homosexuel célébré dans un autre État membre | LGTBIQ+

Publié le 25 novembre 2025 à 09h53. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu un arrêt historique, obligeant les États membres à reconnaître les mariages homosexuels contractés dans un autre pays de l’UE, même si le mariage pour tous n’est pas légalisé sur leur territoire. Cette décision, issue d’un litige impliquant un couple polonais, renforce les droits des couples de même sexe et leur liberté de circulation au sein de l’Union.

  • La CJUE estime que le refus de reconnaître un mariage légalement célébré dans un autre État membre constitue une violation du droit de l’Union, notamment de la liberté de circulation et du respect de la vie privée et familiale.
  • Les États membres doivent respecter le droit de l’Union lorsqu’ils exercent leurs compétences en matière de mariage, sans pour autant être tenus de légaliser le mariage homosexuel sur leur sol.
  • La décision concerne un couple polonais marié en Allemagne, dont la demande de transcription de leur acte de mariage a été rejetée par les autorités polonaises.

La Cour de justice européenne a clarifié ce mardi 26 juin 2025 que les États membres de l’Union européenne doivent impérativement reconnaître les mariages entre personnes de même sexe conclus dans un autre pays de l’UE, même si leur propre législation ne prévoit pas le mariage pour tous. Cet arrêt majeur, qui fait suite à une requête émanant d’un couple polonais, pose un cadre juridique clair pour la protection des droits des couples homosexuels à travers l’Union.

Selon la CJUE, refuser de reconnaître un mariage légalement établi dans un autre État membre constitue une atteinte à la liberté de circulation et de séjour, ainsi qu’une violation du droit fondamental au respect de la vie privée et familiale.

« Le refus de reconnaître un mariage légalement contracté dans un autre État membre peut entraîner de graves inconvénients administratifs, professionnels et privés, obligeant les époux à vivre célibataires dans l’État membre d’où ils sont originaires. »

Cour de justice de l’Union européenne

L’affaire a été portée devant la CJUE après que les autorités polonaises ont refusé de transcrire l’acte de mariage d’un couple d’hommes polonais, mariés en 2018 à Berlin. L’un des conjoints possédait également la nationalité allemande. Le couple souhaitait s’installer en Pologne et bénéficier des mêmes droits qu’un couple hétérosexuel, mais leur demande s’est heurtée à l’absence de législation polonaise autorisant le mariage homosexuel. Les autorités polonaises avaient estimé que la reconnaissance de ce mariage était contraire aux principes fondamentaux de leur système juridique.

La Cour a toutefois précisé que cette obligation de reconnaissance ne remet pas en question l’identité nationale ou l’ordre public des États membres. Elle ne les oblige pas non plus à légaliser le mariage homosexuel sur leur territoire. La CJUE souligne que chaque État membre dispose d’une marge de manœuvre pour déterminer la manière dont il reconnaît ces mariages, à condition que les procédures de reconnaissance des mariages hétérosexuels et homosexuels soient équivalentes. Si un État membre a mis en place une procédure unique pour la reconnaissance des mariages contractés à l’étranger, comme la transcription de l’acte de mariage à l’état civil, cette procédure doit s’appliquer à tous les mariages, y compris ceux entre personnes de même sexe.

La situation varie considérablement au sein de l’UE

À ce jour, 17 des 27 États membres de l’UE reconnaissent le mariage homosexuel. D’autres proposent des alternatives législatives, telles que les pactes civils de solidarité (PACS), tandis que certains pays, comme la Hongrie de Viktor Orbán, manquent de réglementations protectrices ou créent des obstacles à la reconnaissance de ces unions. La Pologne, sous l’ancien gouvernement d’extrême droite PiS, avait même déclaré certaines zones du pays « exemptes d’idéologie LGBT ».

L’actuel gouvernement polonais, dirigé par le libéral de centre-droit Donald Tusk, a tenté de faire avancer la reconnaissance des unions entre personnes de même sexe, mais ses efforts ont été freinés par la résistance de certains partis de sa coalition.

L’Espagne, quant à elle, a célébré cette année le 20e anniversaire de la légalisation du mariage homosexuel, une loi pionnière adoptée en 2005 sous le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero (PSOE). Depuis lors, plus de 75 000 couples de même sexe se sont mariés dans le pays, selon les données officielles. Le 20e anniversaire a été marqué par des célébrations à travers le pays. En 2012, la Cour constitutionnelle espagnole a rejeté un recours déposé par le Parti populaire (PP) contestant la légalité du mariage pour tous.

Selon l’Institut national de la statistique (INE), l’Espagne compte actuellement 14,1 mariages homosexuels pour 100 000 habitants. Les îles Canaries, les îles Baléares et Madrid présentent les proportions les plus élevées (21,7 %), tandis que Castilla y León, la Galice et l’Estrémadure affichent les taux les plus bas (7,5 %, 7,9 % et 8,1 % respectivement). La Catalogne se situe dans la moyenne, avec 13,4 mariages homosexuels pour 100 000 habitants.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.