Publié le 25 novembre 2023 16:42:00. Des négociations en cours à Genève, sous l’égide des États-Unis, laissent entrevoir une possible voie de sortie au conflit russo-ukrainien, malgré des divergences persistantes et des réactions mitigées de la part des alliés de Kiev.
- Le sénateur américain Marco Rubio a qualifié les discussions de « très utiles » et a estimé qu’il s’agissait de la journée la plus productive depuis longtemps dans les efforts de paix.
- Un plan de paix américain a été présenté, suscitant des inquiétudes à Kiev et dans les capitales européennes en raison de concessions territoriales potentielles.
- Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est dit prêt à relancer les discussions sur un accord permettant à l’Ukraine d’exporter ses céréales via la mer Noire.
Les États-Unis et l’Ukraine affirment avoir réalisé des progrès significatifs lors de pourparlers à Genève visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, mais restent discrets sur les détails concrets. Le sénateur républicain Marco Rubio a déclaré être « très optimiste quant à la possibilité de parvenir à un accord », soulignant que cette journée de discussions avait été la plus productive depuis un certain temps.
Selon la Maison Blanche, la délégation ukrainienne a confirmé que toutes ses préoccupations majeures – garanties de sécurité, développement économique à long terme, protection des infrastructures, liberté de navigation et souveraineté politique – avaient été abordées de manière approfondie. Les Ukrainiens « ont exprimé leur appréciation pour l’approche structurée adoptée pour intégrer leurs commentaires dans chaque composante du nouveau cadre de règlement », a précisé la Maison Blanche, ajoutant que les modifications apportées à la proposition reflètent désormais « leurs intérêts nationaux » et fournissent « des mécanismes crédibles et applicables pour sauvegarder la sécurité de l’Ukraine à court et à long terme ».
Cependant, le plan de paix américain, dont les détails restent confidentiels, a suscité des inquiétudes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a averti que son pays pourrait être confronté à un choix difficile entre la défense de sa souveraineté et le maintien du soutien américain. Ce plan, issu de négociations entre Washington et Moscou, semble répondre à plusieurs demandes russes que M. Zelensky a toujours rejetées, notamment l’abandon de vastes portions de territoire.
La confusion règne quant à l’origine et au contenu précis de ce plan. Des sénateurs américains ont affirmé que M. Rubio leur avait présenté ce plan comme une « liste de souhaits » russe, ce que le Département d’État américain a démenti. M. Rubio a ensuite contesté ces affirmations, suggérant que les sénateurs s’étaient trompés. Le sénateur démocrate Mark Warner a quant à lui estimé que le plan semblait « presque une série de points de discussion russes » et avait donné aux Européens le sentiment d’avoir été « totalement laissés pour compte ».
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé qu’il s’entretiendrait lundi par téléphone avec le président russe Vladimir Poutine pour discuter de la relance de l’accord de juillet 2022 sur les exportations de céréales ukrainiennes via la mer Noire, un accord que M. Poutine a refusé de prolonger l’année dernière. « Nous avons entrepris un projet de corridor céréalier pour ouvrir la voie à la paix », a déclaré M. Erdogan. « Malheureusement, nous n’avons réussi que partiellement. Demain, je demanderai à Poutine de revenir sur cette démarche. »
Parallèlement, l’ancien président américain Donald Trump a critiqué l’Ukraine pour son manque de gratitude envers l’aide militaire américaine et a laissé entendre que le plan de paix actuel n’était pas son offre finale, fixant une échéance à jeudi pour une réponse de Kiev. Il a publié sur son site web : « LE LEADERSHIP UKRAINIEN N’A EXPRIMÉ AUCUNE GRATITUDE POUR NOS EFFORTS, ET L’EUROPE CONTINUE D’ACHETER DU PÉTROLE À LA RUSSIE. »
En réponse, M. Zelensky a salué les efforts américains en matière de sécurité et a réaffirmé que la Russie était seule responsable du déclenchement de la guerre.
« Nous remercions tout le monde en Europe et remercions personnellement le président Trump. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Les prochaines heures et jours seront déterminants pour savoir si ces négociations peuvent déboucher sur une solution durable au conflit ukrainien.