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Köniz BE : les parents demandent l’interdiction des téléphones portables pour les enfants jusqu’au lycée

Publié le 25 novembre 2025 à 19h15. Après l'interdiction des téléphones portables dans les écoles de Köniz, les parents souhaitent désormais établir des règles communes pour limiter l'usage de ces appareils et l'accès aux réseaux sociaux chez les…

Köniz BE : les parents demandent l’interdiction des téléphones portables pour les enfants jusqu’au lycée

Publié le 25 novembre 2025 à 19h15. Après l’interdiction des téléphones portables dans les écoles de Köniz, les parents souhaitent désormais établir des règles communes pour limiter l’usage de ces appareils et l’accès aux réseaux sociaux chez les jeunes.

  • Les parents de Köniz souhaitent que les enfants ne reçoivent pas de smartphone avant la septième année (l’équivalent de la seconde).
  • Ils proposent également d’interdire l’accès aux réseaux sociaux jusqu’à la neuvième année (quatrième).
  • Une initiative soutenue par près de 90 % des parents interrogés.

Les parents de Köniz, dans le canton de Berne, se mobilisent pour encadrer davantage l’utilisation des téléphones portables par leurs enfants. Forts du succès de l’interdiction des portables dans les écoles mise en place en février dernier, ils souhaitent désormais aller plus loin en définissant des règles communes à l’échelle de la communauté.

Selon cette initiative, les enfants ne devraient pas recevoir leur propre smartphone avant d’entrer au collège (septième année, environ 12-13 ans). L’accès aux réseaux sociaux serait quant à lui repoussé jusqu’à la neuvième année (quatrième, environ 14-15 ans). L’objectif est de protéger les plus jeunes des risques liés à une exposition précoce à ces technologies.

« La plus grande réponse que nous ressentons est la gratitude », explique Christoph Inauen, co-initiateur du projet. Les parents se disent souvent dépassés par la pression sociale et la difficulté de résister aux demandes de leurs enfants. « L’enfant rentre à la maison et dit que tout le monde a un téléphone portable », témoigne Christoph Inauen, membre du conseil des parents. « Cela crée une pression à la fois sur l’enfant et sur les parents. En tant que famille, vous êtes à votre merci. »

Sandra Keller, une mère de famille de Köniz, illustre bien ce sentiment : « Nous ressentons une ‘pression silencieuse’ », confie-t-elle. Il devient de plus en plus difficile de protéger son enfant lorsque tous ses camarades sont équipés. Les parents se demandent alors s’ils ne sont pas trop stricts, si leur enfant ne risque pas de se sentir exclu.

Cette initiative s’appuie sur un vote anonyme mené auprès des parents, qui a révélé un soutien massif aux propositions : 80 % des répondants se disent prêts à ne pas offrir de smartphone à leur enfant avant la septième année, et 90 % sont favorables à l’interdiction des réseaux sociaux jusqu’à la neuvième année. Dix pour cent supplémentaires se disent d’accord avec le projet, mais leur enfant possède déjà un téléphone portable ou envisage d’en acquérir un. Seuls 10 % rejettent une approche coordonnée.

Les initiateurs du projet misent sur la création d’une plateforme en ligne permettant aux parents de signaler ceux qui s’engagent à respecter ces règles. L’idée est de créer un réseau de soutien et de montrer aux enfants qu’ils ne sont pas les seuls à ne pas avoir de smartphone. « Les parents ont un aperçu des amis de leur enfant qui n’ont pas de smartphone. C’est ainsi que vous pouvez dire à votre enfant : vous n’êtes pas le seul à ne pas avoir de téléphone portable », explique Christoph Inauen.

En Suisse, la question de la régulation des usages numériques chez les jeunes est de plus en plus débattue. Diverses propositions ont été soumises au Parlement et à la population, et le Conseil fédéral a commandé un rapport pour évaluer l’opportunité de mesures plus contraignantes, notamment à l’égard de plateformes comme Instagram. À l’heure actuelle, il n’existe cependant aucune loi globale sur le sujet.

Les chercheurs sur le cerveau soulignent que les enfants découvrent les téléphones portables à une phase sensible de leur développement et de leur maturité. Comme le cerveau n’est pas encore complètement développé dans cette phase, la consommation présente des risques particulièrement importants.
Les chercheurs sur le cerveau soulignent que les enfants découvrent les téléphones portables à une phase sensible de leur développement et de leur maturité. Comme le cerveau n’est pas encore complètement développé dans cette phase, la consommation présente des risques particulièrement importants. IMAGO/Silas Stein

Barbara Studer, chercheuse en neurosciences à l’Université de Berne, souligne l’importance de protéger le développement des enfants : « Les enfants en phase de développement ont particulièrement besoin de relations, d’interactions, de rires, de jeux, de musique, de mouvement, de nature, etc. »

« La plus grande réponse que nous ressentons est la gratitude. »

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.