La course à la succession d’Antonio Guterres à la tête des Nations unies est officiellement lancée. Les États membres sont appelés à soumettre leurs candidatures pour le poste de secrétaire général, dont le mandat actuel prendra fin le 1er janvier 2027.
L’appel à candidatures, envoyé mardi 25 novembre aux 193 États membres de l’ONU, a été conjointement signé par l’ambassadeur de la Sierra Leone, Michael Imran Kanu, qui assure actuellement la présidence du Conseil de sécurité, et par la présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock. La lettre souligne l’importance cruciale du poste, exigeant des candidats « les plus hauts critères d’efficacité, de compétence et d’intégrité », ainsi qu’un engagement indéfectible envers les principes de la Charte des Nations unies.
Outre ces qualités fondamentales, les candidats doivent justifier d’une solide expérience en relations internationales et posséder de solides compétences diplomatiques et linguistiques. Si la lettre encourage les États membres à considérer la nomination de femmes, elle ne l’impose pas. Elle note avec regret qu’« aucune femme n’a jamais occupé le poste de secrétaire général » et invite simplement à « envisager de nommer une femme comme candidate ».
Plusieurs noms circulent déjà de manière informelle. Parmi eux, on retrouve l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, et la Costaricienne Rebeca Grynspan, actuelle secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Une tradition de rotation géographique, bien que souvent non respectée, suggère que le prochain secrétaire général devrait provenir d’Amérique latine. La lettre mentionne « l’importance de la diversité géographique » sans toutefois désigner une région spécifique.
Le processus de sélection prévoit des auditions publiques des candidats devant l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, une pratique instaurée en 2016 lors de l’élection d’Antonio Guterres, visant à accroître la transparence. Cependant, c’est le Conseil de sécurité, et plus particulièrement ses cinq membres permanents dotés du droit de veto (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France), qui détiendra la clé de la décision. Le Conseil devra formuler une recommandation à l’Assemblée générale, qui procédera ensuite à l’élection du secrétaire général pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Le Conseil de sécurité entamera le processus de sélection « d’ici fin juillet ».
À retenir
- Le processus de sélection du prochain secrétaire général de l’ONU est officiellement lancé.
- Les États membres sont invités à soumettre des candidatures avant une date à déterminer.
- Le Conseil de sécurité, et en particulier ses membres permanents, jouera un rôle déterminant dans la sélection.
Contexte
Le poste de secrétaire général de l’ONU est l’un des plus hauts postes diplomatiques au monde. Le titulaire est responsable de la gestion quotidienne de l’organisation et de la mise en œuvre des décisions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité. Antonio Guterres a été réélu pour un second mandat en 2021.
Ce qui change
La succession d’Antonio Guterres représente une opportunité de renouvellement pour l’ONU. La question de la parité de genre est au cœur des débats, avec des appels à la nomination d’une femme pour la première fois à ce poste. Le choix du prochain secrétaire général aura un impact significatif sur l’orientation et l’efficacité de l’organisation dans les années à venir.
Prochaines étapes
Les États membres doivent désormais soumettre leurs candidatures. Le Conseil de sécurité entamera ses délibérations à la fin du mois de juillet. L’Assemblée générale devra ensuite approuver la recommandation du Conseil de sécurité et élire le nouveau secrétaire général avant le 1er janvier 2027.
Chiffres clés
- Nombre d’États membres de l’ONU : 193
- Durée du mandat du secrétaire général : 5 ans (renouvelable une fois)