Publié le 24 septembre 2025. Les émissions de gaz à effet de serre en Australie ont connu une baisse significative au cours de l’année écoulée, une évolution que le gouvernement attribue à une réduction de la dépendance aux combustibles fossiles et à l’essor des énergies renouvelables.
- Les émissions australiennes ont diminué de 2,2 % sur l’exercice écoulé, la plus forte baisse annuelle enregistrée hors période de pandémie de Covid-19.
- La production d’électricité à partir de sources renouvelables, notamment solaire et éolien, a supplanté une part importante de l’électricité produite par le charbon.
- Bien que des progrès aient été réalisés, l’Australie pourrait ne pas atteindre ses objectifs climatiques à long terme sans des efforts supplémentaires.
Selon de nouvelles données gouvernementales qui seront rendues publiques ce jeudi, la réduction des émissions s’élève à 9,9 millions de tonnes. Près de la moitié de cette diminution est directement liée à l’augmentation de la production d’énergie solaire et éolienne, qui a permis de réduire la part du charbon dans le mix énergétique national.
La pollution générée par la production d’électricité a ainsi diminué de 3,3 % (soit 5 millions de tonnes), et les énergies renouvelables représentent désormais plus de 40 % de l’électricité produite tout au long de l’année. Cette baisse compense une brève augmentation des émissions liées au secteur électrique observée l’année précédente.
Les réductions d’émissions ont été moins prononcées dans les mines de charbon souterraines, l’industrie lourde, l’agriculture et les foyers utilisant le gaz pour le chauffage et la cuisine. En revanche, la pollution due au transport a continué d’augmenter, en raison de l’utilisation accrue de véhicules diesel et de la popularité croissante des vols intérieurs.
Le ministre du Changement climatique et de l’Énergie, Chris Bowen, devrait utiliser sa déclaration annuelle sur le climat au Parlement pour souligner que ces données témoignent de l’impact des politiques mises en œuvre par le parti travailliste depuis son élection en 2022. Il affirmera que le gouvernement est sur la bonne voie pour réduire les factures énergétiques et atteindre ses objectifs climatiques « si nous maintenons le cap et continuons à intensifier nos efforts ».
L’opposition et les Verts ont exprimé des points de vue divergents. La Coalition soutient que la pollution a augmenté sous le gouvernement travailliste, tandis que les Verts estiment qu’elle est restée stagnante.
L’évaluation précise de la situation s’avère complexe en raison de l’impact des fermetures liées à la pandémie de Covid-19, qui ont entraîné une baisse artificielle des émissions au cours des deux années précédant l’arrivée au pouvoir d’Albanese, suivie d’un rebond une fois les restrictions levées.
Un rapport de projection des émissions, également prévu pour être publié ce jeudi, devrait indiquer que les politiques actuelles du gouvernement ne suffiront pas à atteindre l’objectif de réduction des émissions pour 2030, qui vise une diminution de 43 % par rapport aux niveaux de 2005. L’Autorité chargée du changement climatique avait estimé l’année dernière qu’il faudrait réduire les émissions de 15 millions de tonnes par an au cours des cinq prochaines années pour atteindre cet objectif.
Le rapport de projections devrait également révéler que le gouvernement est encore plus éloigné de son objectif récemment annoncé pour 2035, qui prévoit une réduction des émissions comprise entre 62 % et 70 % par rapport aux niveaux de 2005. Cela implique que les travaillistes devront revoir leurs politiques existantes et mettre en œuvre de nouvelles mesures pour atteindre cet engagement.
En octobre, les énergies renouvelables fournissaient plus de la moitié de l’électricité du réseau national australien. Le gouvernement a notamment mis en place un programme de souscription d’énergie renouvelable et une subvention pour les batteries domestiques.
Il est important de noter que les rapports publiés ce jeudi ne tiennent pas compte des émissions résultant des exportations australiennes de charbon et de gaz. Une analyse de 2024 a révélé que l’Australie se classe deuxième, derrière la Russie, en termes d’émissions exportées.